Les députés commençaient hier leurs débats sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (PLFSS 2026) en séance publique. La copie finale risque bien de ressembler au naufrage constaté en commission des affaires sociales, c’est-à-dire un rejet complet du texte.

Les premières heures d’échanges dans l’hémicycle donnent une bonne idée du fameux esprit de responsabilité avec lequel les députés jouent l’avenir budgétaire de la France. Les premiers articles du PLFSS ont ainsi été supprimés du texte.
Supprimé l’article liminaire qui acte les prévisions de recettes, dépenses et solde des administrations de la sécurité sociale pour 2025 et 2026. Le Rassemblement national (RN) considère, par la voix de Joëlle Mélin, estime que cet article n’est qu’un « article destiné à rassurer les investisseurs et les français » qui ne rassure personne et qui doit être supprimé. Puis La France insoumise (LFI), par la voix de Hadrien Clouet, dénonce un article qui explique que les dépenses de la sécurité sociale vont baisser de 0,4 point de PIB en 2026, soit 12 Md€. Le rapporteur Thibault Bazin (Droite républicaine, DR) émet logiquement un avis défavorable. Il reproche à Mme Mélin de dire que les prévisions sont insincères, tandis qu’il rappelle à M. Clouet que la sécurité sociale dépensera bien 9 Md€ de plus en 2025 qu’en 2026 malgré le recul de la part du PIB que les dépenses représentent. Cela n’empêche pas les députés d’adopter les 2 amendements de suppression (à lire ici et là) de l’article liminaire pourtant obligatoire.