Transition professionnelle collective : un dispositif en cours de simplification

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CFE-CGC.

Mis en place le 15 janvier 2021, le dispositif de transitions collectives, qui peine à monter en puissance, va faire l’objet d’une simplification. 

TRANSCO : KÉSACO ?

Le dispositif de transitions collectives (ou TransCo) vise à accompagner les salariés et les entreprises touchés par des difficultés et des mutations économiques. Transco aide à la reconversion massive des salariés vers des métiers en tension ou des entreprises qui recrutent dans un même bassin d’emploi. L’État prend en charge tout ou partie de la rémunération des salariés et des frais de formation, suivant la taille de l’entreprise.

Pour rappel, les salariés qui souhaitent bénéficier du dispositif doivent :

  • être en CDI et être concernés par un métier dont l’avenir est incertain ;
  • vouloir se reconvertir vers un métier porteur dans le bassin d’emploi ;
  • avoir une ancienneté dans l’emploi de 24 mois, dont 12 dans l’entreprise actuelle ;
  • être accompagné par un conseiller CEP (notamment l’APEC) ;
  • avoir un accord de l’employeur.

Ce dispositif est déployé depuis le 15 janvier 2021, dans le cadre du plan de relance. Depuis cette date, seuls 71 salariés ont effectivement bénéficié du dispositif malgré les 200 millions d’euros budgétés. Plusieurs explications sont données dont :

  • la complexité du dispositif et le nombre d’acteurs impliqués dans le processus ;
  • un taux de chômage qui n’a pas augmenté contrairement à ce que les projections prévoyaient ;
  • le manque de visibilité quant à l’entreprise d’accueil ;
  • les inquiétudes de l’entreprise à s’engager dans un dispositif pouvant laisser penser qu’elle est en difficulté.

VERS UNE SIMPLIFICATION DU DISPOSITIF

Début septembre, le ministère du travail a décidé de réorienter ce dispositif. Deux évolutions majeures ont été lancées. La première vise à remplacer, pour les PME, l’accord de type GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels) par une information et consultation du comité social et économique (CSE). En effet, chaque entreprise doit lister l’ensemble des emplois susceptibles d’être menacés dans l’entreprise : en remplaçant la procédure, le ministère espère ainsi plus de fluidité dans les échanges et un formalisme moins important.

La seconde mesure vise à ajouter un nouveau volet à ce dispositif : « Transco-RCC ». Transco pourrait ainsi être mis en œuvre dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives (RCC), de la GEPP et du congé de mobilité. Le parcours de formation pourrait durer jusqu’à 24 mois. Il serait porté par de nouveaux opérateurs : les OPCO (opérateurs de compétences). C’est la notion de simplification vue par le gouvernement !

La rémunération des salariés est sécurisée, et les différents coûts pédagogiques (et non la rémunération) sont pris en charge au titre du FNE-Formation. Par ailleurs, la question du pilotage du dispositif est interrogée. À l’heure actuelle, 86 plateformes territoriales portent les différents projets Transco dans les départements. Les acteurs sont cependant mal identifiés : pour y remédier, un budget devrait être débloqué à hauteur de 30 millions d’euros pour renforcer la logique de guichet unique et développer les capacités d’animation.

D’autres points devraient évoluer dont l’expérimentation d’une prise en charge jusqu’à 3 ans pour certaines formations, ou la facilitation de l’accès au socle CléA.

Le dispositif devrait être porté par des acteurs de l’emploi et non de la formation »

(Jean-François Foucard, secrétaire national CFE-CGC)

« Pour la CFE-CGC, TransCo est un dispositif qui devrait être porté par des acteurs de l’emploi et non de la formation, indique Jean-François Foucard, secrétaire national confédéral. En effet, Les personnes qui sont dans le dispositif ont pu bénéficier d’un accompagnement de cabinet afin d’avoir une sécurisation de leur emploi cible. C’est cette sécurisation de l’emploi futur qui les a incitées à se reconvertir. Car sous les contraintes externes, lorsque ce n’est pas une décision personnelle, la dimension emploi reste prioritaire et déterminante. La formation ne reste qu’un moyen, pas un but. »

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la FNIM parle du poids des normes prudentielles sur les mutuelles

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #10 : Le Triparator boosté à l'IA en bêta test

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

You May Also Like

Mise à jour des salaires dans la distribution et commerce de gros des papiers-cartons

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de la distribution des papiers-cartons commerce de gros (IDCC 3224). Il s’agit de l’avenant n°13 du 17 juin 2026 qui a été signé par l’Association française des distributeurs de papier et d’emballage – AFDPE  ; ainsi que par le syndicat de salariés Fédération chimie énergie-...

Les salaires évoluent dans la branche de la maroquinerie – cuirs et peaux

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans le cadre de la CCN des industries de la maroquinerie (IDCC 2528). Daté du 1er juillet 2026, il révise les salaires minima nationaux professionnels dans l’ensemble des industries des cuirs et peaux, afin de prendre en compte la dernière augmentation du SMIC consécutive à une hausse de l’inflation et de maintenir des...

Les salaires évoluent dans la CCN des hôtels cafés restaurants HCR

Un accord paru au BOCC revalorise les salaires dans la convention collective nationale des hôtels, cafés restaurants (HCR IDCC 1979). Cet avenant n°36 du 4 juin 2026 a pour objet de fixer les nouveaux salaires minima applicables aux salariés du secteur des Hôtels, Cafés, Restaurants HCR, afin de préserver le pouvoir d’achat des salariés de la branche, dans un contexte...

Les salaires 2026 sont révisés dans la CCN des mareyeurs-expéditeurs

Un accord paru au BOCC de cette semaine met à jour les salaires minima dans le cadre de la convention collective nationale des mareyeurs-expéditeurs du 15 mai 1990 (IDCC 1589). Il s’agit de l’avenant du 24 juin 2026 à l’annexe II de ladite CCN, qui a été signé par les organisations patronales Union du Mareyage Français (UMF) ; ainsi que par les syndicats de...

Les salaires évoluent dans la CCN de l’optique-lunetterie de détail

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de l’optique-lunetterie de détail du 2 juin 1986 (IDCC 1431). Il a été signé le 9 juillet 2026 par la Fédération nationale des opticiens de France (FNOF) et le Rassemblement des Opticiens de France (ROF) ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération CFTC-CSFV,...

Les nouveaux salaires 2026 pour les cadres de la gestion d’équipements thermiques et climatisation

Un accord relatif aux salaires a été conclu dans la CCN des cadres, ingénieurs et assimilés des entreprises de gestion d’équipements thermiques et de climatisation (IDCC 1256). Il s’agit de l’accord du 17 juillet 2026 qui a été signé par l’organisation d’employeurs FEDENE ; ainsi que par les syndicats de salariés CFE-CGC et FO. Le texte fixe les...