L’explosion des arrêts maladie « classiques » en 2020 : argument anti-taxe pour les Ocam ?

La crise du covid-19 a fait bondir le coût des arrêts maladie de 33,8% en 2020. On pourrait croire que tout s’explique par la mise en place des arrêts dérogatoires liés à la pandémie de coronavirus. Mais la Cour des comptes constate que les dépenses liées aux arrêts maladie de droit commun, dits classiques, sont presque pour moitié responsables. Elles ont aussi explosé sans que les causes réelles ne soient véritablement délimitées.

La création, en urgence, de mesures dérogatoires pour gérer la crise du coronavirus a directement joué sur le coût global des indemnités journalières (IJ) versées en 2020. Au total, leur coût a augmenté de 2,8 Md€ : les IJ pour des arrêts dérogatoires liés au covid coûtent 1,6 Md€, les IJ pour des arrêts classiques coûtent 1,3 Md€. La Cour explore plusieurs pistes dans son rapport pour expliquer cette hausse des IJ associées à des arrêts maladie classiques, certaines étant probablement plus sérieuses que d’autres, nous allons le voir.

L’Assurance maladie n’est évidemment pas la seule à encaisser le surcoût lié à l’augmentation du nombre d’arrêts de travail classique. Tous les organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam) qui proposent des couvertures « maintien de salaire » et/ou « incapacité temporaire » en savent quelque chose. Ces organismes complémentaires devraient s’intéresser de près à la publication de la Cour des comptes. En effet, ce document lève le voile sur un manque de maîtrise certain dans la gestion des arrêts maladie par la Sécurité sociale, au moment même où le gouvernement continue de mettre la pression sur les assureurs, pour augmenter la taxe covid, en leur reprochant notamment leurs frais de gestion trop élevés.

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