Alors que son gel des tarifs santé est sur le point d’être examiné par les Sages, le député socialiste Jérôme Guedj rappelle (si nous l’avions oublié) qu’il veut une Grande Sécu et supprimer le rôle actuellement dévolu aux complémentaires santé. C’est à l’occasion de l’un des débats précédant la primaire de la gauche que l’idée est revenue dans le débat.

M. Guedj promeut sa vision fantasmée d’une sécurité sociale qui, elle, a le droit de s’endetter pour financer ses dépenses sans aucune obligation d’équilibre. Forcément, cela aide à avoir la possibilité de rembourser tous les soins à 100%, mais cela alourdit nécessairement la dette (cela ne semble pas perturber le député). Son argument tient comme d’habitude au frais de gestion des Ocam qui représenteraient 20% des cotisations récoltées. En revanche, pas un mot sur les obligations d’équilibre des Ocam.
Le député définit ce que représente un soin remboursé à 100%. Il ne s’agit-il que de 100% « du panier de soins ». Autrement dit, les Ocam auraient nécessairement un rôle à jouer au-delà. Mais les personnes qui écoutent un tel discours et qui entendent « 100% » comprennent inévitablement « 100% des frais réellement dépensés » sans saisir qu’une telle Grande sécu serait un mirage de soins entièrement remboursés sans hausses de cotisations sociales.
Par ailleurs, il brandit ce « 20% de frais de gestion » en oubliant candidement de dire que ces frais de gestion varient selon la nature du contrat et selon le type d’organisme. Comme nous l’indiquions dernièrement, les entreprises d’assurance affichent ainsi 20,7% de frais de gestion en moyenne (22,7 M€ en 2025), contre 19,5% pour les mutuelles (23,2 M€ en 2025) et 12,9% pour les institutions de prévoyance (6,2 M€ en 2025). Mais sur l’ensemble des contrats en 2025, les frais de gestion atteignent 18,8% (et non 20%), avec 16,9% de frais de gestion en collective et 20,9% en individuelle.
De plus, Jérôme Guedj prend soin de ne pas dire ce que recouvrent ces frais de gestion (qui incluent notamment des dépenses pourtant liées à la prévention) ni les taux de taxe prélevés par l’Etat sur les cotisations santé.