Les 4 exclusions d’extension à connaître dans la CCN des opérateurs de voyage et des guides

La nouvelle convention collective nationale (CCN) des opérateurs de voyage et des guides (IDCC 3245) est en vigueur depuis le 13 mai 2022. Elle regroupe les CCN des guides interprètes de la région parisienne (IDCC 349), des accompagnateurs au service des agences de voyages et de tourisme (IDCC 412) et du personnel des agences de voyages et de tourisme (IDCC 1710) et vient seulement d’être étendue, 17 mois plus tard avec moult réserves et exclusions.

On compte 4 exclusions fermes énoncées par le ministère du travail.

La première exclusion concerne le suivi de la santé et de la sécurité des salariés qui travaillent de nuit. L’article 25.1.5 de la CCN indique que le salarié qui est sur le point de travailler de nuit doit préalablement être examiné par la médecine du travail. Puis la CCN précise que le salarié devra passer une nouvelle visite de la médecine du travail tous les 6 mois. C’est cette périodicité de visite tous les 6 mois qui est exclue de l’extension. Le ministère du travail rappelle que la périodicité de suivi des salariés est fixée par la médecine du travail elle-même et non par l’entreprise ou une convention. Cette périodicité dépend en réalité du poste occupé et des caractéristiques du salarié.

La deuxième exclusion porte sur la prise de repos en cas de travail le dimanche. L’article 25.2 de la CCN indique que si un salarié travaille un dimanche, son repos hebdomadaire doit être pris dans les 10 jours suivants. Cependant, le ministère du travail rappelle que le repos hebdomadaire doit être d’une durée minimale de 24 heures + 11 heures de repos consécutifs. Le délai de 10 jours pour prendre le repos hebdomadaire en cas de travail le dimanche, tel qu’il est posé par la CCN, est donc trop large et exclu de l’extension.

La troisième des exclusions concerne la période pendant laquelle les salariés peuvent poser leurs congés. Il s’agit d’une exclusion de pure forme car la CCN stipule à son article 29.2 que les congés annuels peuvent être pris entre le 1er juin de l’année en cours et le 31 mai de l’année suivante. Le code du travail dispose pourtant que les congés doivent être pris dans une période qui comprend nécessairement la période du 1er mai au 31 octobre de l’année. A un mois près donc, la période prévue par la CCN n’aurait pas posé de problème. La période prévue du 1er juin de l’année en cours au 31 mai de l’année suivante est, dès lors, exclue de l’extension.

La quatrième et dernière exclusion d’extension imposée par le ministère du travail a trait à l’antériorité des sanctions utilisables par l’employeur pour appuyer une nouvelle sanction en cas d’engagement d’une poursuite disciplinaire contre un salarié. Ici le dernier alinéa de l’article 43 de la CCN reprend mot pour mot l’article L. 1332-5 du code du travail. Mais les partenaires sociaux ont ajouté une exception non prévue par le code du travail : si un contrat de travail a été interrompu, l’employeur peut mobiliser une sanction antérieure de plus de 3 ans à l’engagement d’une poursuite disciplinaire pour appuyer une nouvelle sanction. Cette faculté dessert clairement le salarié par rapport au code du travail : elle est donc exclue de l’extension.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la DGAFP évoque le cas "Alan" dans la fonction publique

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #10 : Le Triparator boosté à l'IA en bêta test

You May Also Like

Le dispositif des périodes de reconversion est mis en place dans les entreprises de propreté et services associés

Un accord relatif à la mise en place du dispositif des périodes de reconversion a été signé le 20 juillet 2026 dans la CCN des entreprises de propreté et services associés (IDCC 3043). Parmi les signataires figurent la Fédération des entreprises de propreté (FEP) et le Syndicat National des Professionnels de la Propreté et des Services Associés SNPRO ; ainsi que les syndicats...

Nouvel accord sur les salaires dans la CCN de l’assainissement et de la maintenance industrielle

Un nouvel avenant n°46 relatif aux salaires a été conclu dans la convention collective nationale de l’assainissement et de la maintenance industrielle du 21 mai 2002 (IDCC 2272). Il a été signé le 15 septembre 2026 par l’organisation patronale Maintenance Industrielle Assainissement Gestion Environnementale ou MAIAGE ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération...

La CCN des métiers de l’éducation ECLAT crée deux certificats complémentaires

Les partenaires sociaux de la CCN des métiers de l’éducation, culture, loisirs et animation agissant pour l’utilité sociale et environnementale, au service des territoires ECLAT (IDCC 1518) ont conclu deux accords de branche pour créer des certificats complémentaires. Tous datés du 18 juin 2026, les textes ont pour objet de créer les nouveaux certificats complémentaires :...

Les salaires évoluent dans les coopératives agricoles – fruits et légumes transformés et conserveries

Un avenant n°7 sur les salaires a été conclu dans la CCN unifiée des coopératives agricoles, unions de coopératives agricoles et SICA, de fleurs, fruits et légumes frais, transformés et conserveries, de teillage de lin-chanvre et de déshydratation (IDCC 7028). Daté du 2 juillet 2026, le texte concerne le secteur particulier des fruits et légumes transformés et conserveries. Il...