La représentation du personnel en entreprise reprend des couleurs en 2024

gouvernance

Après cinq ans de recul, la représentation élue des salariés repart légèrement à la hausse en 2024. La dernière étude de la Dares sur le sujet indique que 37,2% des entreprises de 10 salariés ou plus disposent d’au moins une instance élue en 2024, soit 1,4 point de plus qu’en 2023. Un rebond réel surtout porté par les structures les plus petites.

gouvernance

Les 37,2 % des entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé non agricole qui déclarent au moins une instance représentative du personnel élue (quasi exclusivement un comité social et économique, CSE) en 2024 emploient 78% des salariés du champ. Cette part augmente pour la première fois depuis 2018, année de mise en place des CSE après une chute de 8,2 points en 5 ans. L’implantation de délégués syndicaux reste stable à 10,6 % des entreprises et concerne 55,9% des salariés.

Un rebond porté par les petites structures

La hausse d’ensemble masque une trajectoire inverse dans les entreprises de taille plus importante. Chez celles de 50 salariés ou plus, la couverture par des instances élues recule encore de 1,5 point en 2024, à 83,0% (soit près de 5 points de moins qu’en 2018 tout de même). L’implantation de délégués syndicaux y perd aussi du terrain, à 41,3%, environ 4 points sous son niveau de 2018. Autrement dit, la hausse globale vient des petites entreprises, où le taux de couverture, parti de très bas, remonte, tandis que l’érosion se poursuit là où la représentation était déjà la mieux installée.

Car la taille de l’entreprise reste le facteur déterminant dans l’étude de la Dares. Dans les entreprises de 10 à 49 salariés, 71,5% n’ont aucune instance représentative du personnel. Seulement 24,4% de ces petites entreprises ont des élus sans présence syndicale et 4,1% ont une couverture syndicale.

La situation s’inverse au-delà de 49 salariés. Parmi les entreprises de 50 à 299 salariés, 18,5% des structures sont dépourvues d’instance tandis que seulement 2,1% des entreprises 300 salariés ou plus n’ont pas de représentation du personnelle (la couverture syndicale y atteint 85,3%). Au total, une organisation syndicale est présente dans 11,6 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus, et surtout dans 86 % des plus grandes.

La santé-sécurité, parent pauvre des CSE

Un autre enseignement mérite notre attention. La commission santé, sécurité et conditions de travail (CSSCT), qui a pris la suite des CHSCT au sein des CSE, reste peu diffusée. Elle n’est présente que dans 7,1% des entreprises, couvrant la moitié des salariés (50,3%) : le développement de cette commission reste stable depuis 2021. Il y a une raison simple : le CSSCT n’est obligatoire que dans les structures employeuses d’au moins 300 salariés.

Toutefois parmi les entreprises de 50 salariés ou plus dotées d’élus, 36,2% comptent une CSSCT en 2024, bien loin des 58,7% qui comptaient un CHSCT en 2017. La commission demeure donc encore une sorte d’exception dans les structures intermédiaires.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et contrats responsables

You May Also Like

La représentativité syndicale de 6 conventions locales est abrogée

Un arrêté publié au Journal officiel (JO) vient d'abroger la mesure de la représentativité des syndicats de salariés dans 6 conventions collectives situées dans les départements et régions d'outre-mer. La représentativité syndicale des conventions suivantes est donc abrogée : - les commissionnaires en douane et agents auxiliaires de la Martinique (...

La CCN des activités du déchet opte pour la mensualisation des salaires SMC de certains coefficients

Un avenant n°84 paru au BOCC porte sur la mensualisation des salaires minima conventionnels SMC des coefficients 150 a 167 dans la convention collective nationale des activités du déchet du 11 mai 2000 (IDCC 2149). Il a été signé le 20 mai 2026 par les organisations patronales SNEFID et SNAD ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Nationale des Syndicats de Transports...

La CCN des activités du déchet s’accorde sur les congés pour évènements familiaux

Un avenant n°83 relatif aux congés pour évènements familiaux a été conclu dans la convention collective nationale des activités du déchet du 11 mai 2000 (IDCC 2149). Il a été signé le 21 janvier 2026 par les organisations patronales SNEFID et SNAD ; ainsi que par les syndicats de salariés Fédération Nationale des Syndicats de Transports C.G.T., Fédération Nationale des...

Deux accords salariaux sont publiés dans le cadre de la CCN des activités du déchet

Deux avenants n°82 et n°85 parus au BOCC révisent les salaires minima conventionnels SMC dans la convention collective nationale des activités du déchet du 11 mai 2000 (IDCC 2149). Datés respectivement du 15 décembre 2025 et du 11 juin 2026, ils fixent la valeur du point applicable dans la branche à compter du 1er janvier 2026, puis au 1er juillet 2026, compte tenu du niveau...