La Dares (service statistique du ministère du travail) publie de nouvelles données intéressantes sur la négociation collective en entreprise. Si les données remontent à 2024, elles révèlent un regain de dynamique par rapport à la période d’après covid qui avait donné lieu à des remous importants.

Les informations dévoilées par la Dares permettent de constater les effets de la crise du covid sur la négociation collective en entreprise. Plusieurs facteurs sont étudiés : le taux de négociation (avec des variantes selon la présence ou non de représentants syndicaux et d’élus du personnel), le taux d’aboutissement à un accord ou encore la proportion de salariés concernés.
A première vue, si l’on observe uniquement la part des entreprises qui ont entamé une négociation collective, on constate que cette part est remontée au niveau de 2019, avant la crise covid et les rebondissements qui l’on suivie. Le graphique ci-dessous indique clairement que 17,2% des entreprises en engagé une négociation en 2024, exactement comme en 2019. Le nombre de salariés français concernés par une négociation d’entreprise est globalement stable à 61,5% en 2024, c’était 62,6% en 2019.

Cependant ce retour à une dynamique de négociation qui semble favorable n’est pas exactement identique à celle de 2019. Effectivement, les entreprises qui ont négocié en 2024 n’ont pas la même physionomie de représentation du personnel. Concrètement, elles sont moins nombreuses à avoir une couverture syndicale (81,3% en 2024 contre 87,3% en 2019) mais elles sont plus nombreuses à avoir uniquement des élus du personnel (26,6% en 2024 contre 22% en 2019). Quant aux entreprises qui n’ont aucune représentation du personnel, leur taux de négociation est revenu à son niveau d’avant covid, à 1,8%.

Un autre facteur intéressant à connaître est celui du taux d’aboutissement des négociations ouvertes en entreprise. En 2023 ce taux avait atteint 86,9%, dépassant le pic de 2019 (86,3%), avant de retomber à 83,7% en 2024. Le taux d’aboutissement à un véritable accord reste tout de même au-delà des 80% depuis 2017, malgré quelques variations à la hausse comme à la baisse.
