La question de la cyber-assurance se fait de plus en plus pressante alors que les attaques informatiques de grande ampleur se multiplient depuis quelques années. La question du paiement (et de l’assurabilité) des rançons réclamées à l’occasion de ces cyber-attaques a déjà été évoquée (voir l’article 5 du projet de loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur) mais c’est tout le processus de protection qui doit être revu. Dans son rapport qui vient de paraître, la Direction générale du Trésor dresse le bilan de la cyber-assurance et propose ses pistes de développement.

Le premier constat dressé par le rapport témoigne de l’impréparation du marché de l’assurance face au cyber-risque. Selon le rapport, 94,5% des sinistres cyber sont liés à une cyber-attaque en 2021 et 54% des entreprises françaises auraient été victime d’une telle attaque cette même année. Malgré cela, le marché français de la cyber-assurance, bien qu’il soit en forte croissance (+52% de cotisations en 2021, à 219 M€), peine à rattraper son retard. En cause, le manque d’organisation du marché : certains contrats d’assurance restent encore très vagues sur la couverture, ou non, du cyber-risque. Il en va de même sur l’assurabilité des rançons réclamées en cas de cyber-attaque au rançongiciel (ou ransomware) : certains assureurs ont tout de même développé des gammes de contrats permettant d’assurer ce risque.
Mais des zones d’ombre demeurent à l’image de l’assurabilité des sanctions administratives en cas de manquement de l’entreprise aux règles de protection des données. Une autre inconnue concerne l’assurabilité du risque de cyber-guerre dont la portée n’est pas parfaitement définie. Toutes ces incertitudes (parfois alliées à un manque d’expertise des professionnels de l’assurance) emportent des difficultés à proposer des contrats de cyber-assurance adaptés. C’est pourquoi le rapport de la Direction générale du Trésor propose une liste de pistes à court, moyen ou long terme pour sécuriser le marché (liste complète en fin d’article).
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