Conventionnement sélectif des médecins : les généralistes sont prêts à raccrocher massivement

C’est une mesure qui fait débat. Le conventionnement sélectif des médecins libéraux dans les zones sur denses, les inciterait fortement à s’installer dans les zones où les médecins manquent. S’ils souhaitent s’installer en zone surdotée, ils devront soit remplacer un confrère, soit renoncer au conventionnement de la sécurité sociale ce qui implique un déremboursement des patients. 

Le rapport de la Cour des comptes sur l’avenir de l’assurance maladie qui proposait de conventionner de manière sélective l’installation des médecins, ne plaît définitivement pas à la cible concernée. Dans un sondage lancé par Le Généraliste, 73% des professionnels ayant répondu seraient prêts à raccrocher si le dispositif était mis en place. 

Nous vous en parlions hier, le Conseil économique social et environnemental veut supprimer la liberté d’installation des médecins en instaurant le conventionnement sélectif, validant ainsi cette proposition inscrite dans un rapport de la Cour des comptes. La profession a immédiatement rejeté ce dispositif. Preuve en est avec un sondage qui permet de constater qu’une grande partie des généralistes seraient prêt à déplaquer. 

Une mesure coercitive pour les médecins

Plusieurs suggestions offensives de la Cour des comptes n’ont pas plu aux médecins. Revoir l’organisation de la participation à la permanence de soins ou encore encadrer plus strictement les dépassements d’honoraires font partie des mesures coercitives que la Cour des compte assume pleinement. 

Mais la plus inquiétante pour la profession réside dans le conventionnement sélectif proposé par la Cour des compte au vu de l’inefficacité des mesures incitatives. Ce dispositif vise à diriger l’installation des médecins dans les zones sous denses, autrement dit les déserts médicaux. 

A ce titre, un site spécialisé dans l’information médicale a lancé un sondage auprès des généralistes pour prendre la température. Et sur les 346 réponses obtenues, 73% se disent prêt à raccrocher si le système était mis en place, tandis que 17% estiment qu’il est difficile de se prononcer. Seul 10% continuerait de pratiquer. Un échantillon déjà représentatif du mauvais accueil fait à ces recommandations dans la profession… 

Certains libéraux ont déjà raccroché

Si le président de la 6e chambre de la Cour des comptes estime qu’il faut « agir par le biais de la politique conventionnelle pour régler les problèmes d’accès aux soins », certains ont déjà pris les devants en raccrochant. Parmi les réponses au sondage, quelques praticiens sont plus que pessimistes et disent avoir « flairé les ennuis à venir » quand ils ont cédé leur clientèle à un confrère « mais qui ne va pas exercer très longtemps encore ». D’autres qui ambitionnaient de reprendre une succession abandonnent en raison de « trop de tracasseries administratives »

Et si la Cour des comptes se met à dos les médecins libéraux, la lutte contre les déserts médicaux n’est pas gagnée… 

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