Prévoyance collective : cette réflexion du Hcaam sur la nature des cotisations qui ne plaira pas aux assureurs

Le rapport publié par le Hcaam sur l’articulation entre assurance maladie obligatoire et complémentaire n’en finit pas de nous surprendre par son contenu. Alors que les 4 scénarios proposés avec plus ou moins d’acuité ont été étudiés sous toutes les coutures, la dernière partie du rapport dédiée à la prévoyance révèle les directions que pourraient bien prendre les débats qui se tiendront sur le sujet dans les prochaines années. Au cœur des réflexions du Haut conseil se trouve la question de la nature juridique des « contributions, provisions et réserves », c’est-à-dire des sommes issues des cotisations payées par les entreprises et les salariés dans le cadre des contrats de prévoyance collective. Une question qui a son importance dans le cadre des risques lourds inhérents à la prévoyance et qui pourra vraisemblablement être transposé (dans une certaine mesure) à la santé collective.

Bien que la question de la prévoyance ne soit pas le sujet principal du rapport, le Hcaam y consacre tout de même près d’une vingtaine de pages. Ses réflexions tournent notamment autour d’une possible généralisation de la prévoyance collective (à l’image de la réforme appliquée depuis le 1er janvier 2016 en complémentaire santé). Nous avons également déjà souligné une digression liée à la fragilité du postulat selon lequel les accords CCN en santé et prévoyance prévalent sur les accords d’entreprises.

Mais le sujet hautement sensible qui nous intéresse aujourd’hui est celui de la nature juridique des sommes issues des cotisations de prévoyance récoltées par les assureurs en prévoyance collective. Le Hcaam dédie l’encadré 27 du rapport à cette question qui n’a pas encore de véritable réponse. Le raisonnement suivi par les membres du Haut conseil aboutit à l’idée que toutes les sommes récoltées dans le cadre d’un contrat collectif devraient rester à la main des CCN et des entreprises qui les composent. Décryptons ensemble la réflexion développée dans le rapport qui pourrait avoir des répercutions très importantes sur les assureurs si le gouvernement décidait de s’en emparer.

Ce contenu est réservé aux abonnés

Contactez-nous pour accéder à tous nos articles premium
Si vous un compte vous pouvez vous connecter.
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM revient sur l'impact de la généralisation de la complémentaire santé

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #1 : le régime santé de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #8 : tolérance Urssaf et 2 régimes prévoyance à suivre

You May Also Like
gouvernance
Lire plus

Crises de gouvernance mutualiste

La séquence fait couler beaucoup d'encre : deux assureurs mutualistes opérant dans le domaine de la protection sociale complémentaire, la mutuelle des métiers de la justice et de la sécurité (MMJ), membre du groupe Aéma, et la mutuelle Just, traversent actuellement, chacune de leur côté, une profonde crise de gouvernance. ...
Lire plus

L’ACPR salue la robustesse de l’assurance dans son rapport annuel

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a publié son rapport annuel le 21 mai 2026. Lors de la conférence de presse, les propos de la secrétaire générale Emmanuelle Assouan et du vice-président Jean-Paul Faugère ont particulièrement attiré l'attention. Emmanuelle Assouan a tenu à saluer la solidité des organismes d'assurance dans une période assez instable : "La solvabilité du secteur de l’assurance est également très robuste, les ratios...

Agrica triple presque son résultat net combiné en 2025

Le groupe de protection sociale Agrica vient de publier ses bons résultats annuels de 2025 (communiqué en fin d'article) avec une croissance impressionnante de son résultat net. Ce résultat net combiné est passé de 8 M€ en 2023 à 12 M€ en 2024 puis 34 M€ en 2025. Une performance qui s'explique, selon Agrica, par de meilleures plus-values latentes (168 M€) et une provision pour participation aux excédents de 341 M€ sur le PER euro de CCPMA Retraite...