Moins de la moitié des apprentis reste en emploi dans la branche d’apprentissage

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La direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère du Travail vient de publier une analyse de la trajectoire professionnelle des apprentis peu après – entre 6 et 12 mois – leur sortie d’études.

Il en ressort notamment qu’à cette échéance, moins de la moitié des apprentis demeure en emploi dans la branche d’apprentissage.

Apprentissage, emploi et ancrage professionnel

Comme l’explique la DARES, « parmi les apprentis sortis d’un cycle d’études de niveau CAP à BTS en 2021, et couverts par une convention collective de branche pendant leur apprentissage, 44 % exercent un emploi salarié privé dans la même branche ou une branche proche six mois après la fin de leurs études, 23 % ont un emploi salarié privé dans d’autres branches ou qui ne relève d’aucune convention de branche et 33 % ne sont pas en emploi salarié privé ». Ces données semblent remettre quelque peu en cause d’une part le lien, souvent mis en avant dans le débat public, entre apprentissage et emploi à la sortie et d’autre part l’importance de l’ancrage professionnelle des apprentis.

Par ailleurs, à douze mois après la sortie d’études, s’il est vrai que « le taux d’emploi salarié privé des apprentis augmente […] (+5 points par rapport à la situation à six mois) », cette augmentation demeure toutefois d’une ampleur limitée. Surtout, il faut préciser que cette meilleure insertion professionnelle s’opère « principalement via des emplois hors de la branche d’apprentissage ou de branches proches », puisque « 21 % [des anciens apprentis] sont en emploi salarié privé dans une autre branche (+5 points) et 8 % hors convention de branche (+1 point) ». Là encore, ces éléments d’information sont plutôt contre-intuitifs.

Les variables du diplôme et du secteur d’apprentissage

Creusant quelque peu certaines variables pouvant préciser ses constats, la DARES montre d’abord que l’insertion professionnelle et sectorielle des apprentis dépend de leur obtention ou non d’un diplôme. « Les diplômés s’insèrent mieux que les autres, et plus souvent dans la même branche ou une branche proche de celle de l’apprentissage […]. 48 % des apprentis ayant préparé et obtenu un CAP, un baccalauréat, un brevet professionnel (BP) ou un BTS, occupent un emploi salarié privé dans la même branche ou une branche proche six mois après la sortie de leurs études » contre « seulement 30 % des non-diplômés ». « Les non-diplômés s’insèrent un peu plus dans les autres branches ou dans des emplois non couverts par une convention de branche (26 % contre 23 % pour les diplômés) » poursuit la DARES. 

En outre, elle insiste sur les différences sectorielles du devenir professionnel des apprentis. « La correspondance entre la branche de l’apprentissage et celle de l’emploi six mois après la sortie d’études varie nettement selon la branche ». Certains secteurs où l’apprentissage donne fréquemment lieu à emploi et emploi dans la même branche – pharmacie d’officine, transports, services de l’automobile, par exemple – se distinguent-ils d’autres secteurs où ces liens sont nettement moins forts – la coiffure, les hôtels, cafés et restaurants, la boulangerie, le sport, par exemple. L’insertion professionnelle et sectorielle des anciens apprentis de la métallurgie ressemble à celle des apprentis en général.

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