Les prestations sociales ont coûté 32% du PIB en 2015

Le 22 juin 2016, la Drees a publié une étude relative à la croissance des prestations sociales en France et en Europe, pour l’année 2015 

Cette étude relève une progression modérée de ces prestations depuis la crise de 2008. Cette crise a entraîné une sollicitation accrue des systèmes de protection sociale dans tous les pays de l’UE28, afin d’en amortir les effets sociaux. 

Le respect de l’objectif national des dépenses de l’assurance maladie (ONDAM), couplé à la réforme de 2010 expliquent également les limites de cette progression. 

En 2015, les prestations sociales se sont élevées à 701,2 milliards d’euros, ce qui représente 32% du PIB de la France. La Drees observe que la croissance de ces prestations s’est établie à 1,6%, ce qui reste faible par rapport aux années précédentes. A titre d’exemple, entre 2000 et 2010 ces prestations avaient augmenté de 4,4%. 

 

Comment expliquer cette croissance modérée des prestations sociales ?

L’étude affirme que l’évolution des dépenses des prestations sociales est étroitement liée aux revalorisations annuelles des prestations sociales. Ces dernières sont revalorisées en fonction de l’inflation, en conséquence les faibles niveaux d’inflation constatés en 2013 et 2014, expliquent la croissance modérée de 2015. 

Néanmoins, le plan pluriannuel de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale revalorise certaines prestations sous conditions de ressources, ce qui a pour effet de redynamiser les prestations sociales. Le complément familial, par exemple, fait l’objet d’une revalorisation progressive de 50%. 

 

Quelles évolutions selon les prestations sociales ?

L’études donne un détail des différentes prestations et de leur évolution. 

Les prestations du risque maladie, principale composante du risque santé ont progressé de 2,3% par an depuis 2010, poursuivant l’objectif national d’évolution des dépenses d’assurance maladie voté annuellement par le Parlement. On relève ainsi, une baisse croissante des prix des médicaments. 

De 2010 à 2015, les prestations d’accidents du travail et de maladies professionnelles ont reculé. Même observation pour la croissance des dépenses d’invalidité. L’allocation aux adultes handicapés (AAH) connait, quant à elle, une moindre hausse depuis 2013. 

Les prestations vieillesse-survie ont également connu une inflexion. Avant 2010 ces dernières progressaient en moyenne de 4,6% par an. Après 2010 cette moyenne a diminué de près de 2%. 

Les prestations pour l’emploi évoluent de manière constante : on observe en effet une augmentation de 1,5% en 2015, et de 1,4% en 2014. Cette constance s’explique par une augmentation soutenue du nombre de demandeurs d’emploi. 

Les prestations de lutte contre la pauvreté et l’exclusion ont connu un regain en 2014 (+5,8%) causé, entre autres, par une hausse des dépenses du revenu de solidarité active (RSA). En 2015, ce rythme ralentit et passe à +2,2%. 

Enfin, les prestations familiales se sont stabilisées en 2015, augmentant de 0,2% après une progression moyenne de 2,0% par an entre 2000 et 2014. On remarque sur ce point, une diminution des allocations familiales. 

 

Les prestation sociales, une dépense importante pour l’UE28

L’étude fait un constat : l’UE28 consacre 27,6% de sa richesse aux prestations sociales. Néanmoins, on remarque que lorsque l’UE15 consacre 28,4% de son PIB pour ces prestations, les 13 nouveaux pays membres n’en consacrent que 18,1%. Ces différences s’expliquent ainsi par les différences de niveau de vie ou la diversité des systèmes de protection social. 

Plus le pays est riche, plus il consacre une grande part de son PIB aux prestations sociales. 

La France ayant consacré 32,2% de son PIB en 2014 se retrouve en tête de file des pays européens (les pays du nord consacrent environ 30% de leur PIB au financement de ces prestations). 

Néanmoins, l’étude nuance ces chiffres en précisant l’existence de prélèvements obligatoires appliqués aux prestations sociales. Dans l’UE15 ces prélèvements obligatoires sur prestations représentent 2,4% du PIB, mais les taux et modalités de prélèvement diffèrent d’un pays à un autre. 

Enfin, l’étude s’intéresse aux différentes prestations sociales, mais cette fois-ci à l’échelle européenne. A titre d’exemple, les prestations des risques vieillesse-survie et santé, principalement composées des versements des pensions de retraite, ont ralenti dans toute l’Europe. Même constat pour les prestations chômage, et celles du risque pauvreté-exclusion sociale. 

 

Pour plus d’informations, vous trouverez ci-dessous la totalité de cette étude. 

 

 

 

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