La CGT fustige la seule reconduction de la prime Macron

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CGT.

Pour la troisième année consécutive, le gouvernement renouvelle sa prime pour les bas salaires. Une solution pour contourner de véritables augmentations salariales et répondre au problème de pouvoir d’achat porté dans de nombreuses mobilisations. 

Lundi 15 mars, à l’issue d’une troisième table ronde entre patronat et syndicats, le Premier ministre a concédé un micro coup de pouce pour les bas salaires en renouvelant la prime Macron.

Réservées, en 2019 et 2020 aux salariés qui gagnaient moins de trois fois le SMIC, la version 2021 cible en priorité les salariés dits « de deuxième ligne » même si elle reste ouverte à l’ensemble des bas salaires. Comme les versions précédentes, cette prime, allant jusqu’à 1000 euros, versée au bon vouloir du patronat, sera défiscalisée et exonérée de cotisations sociales. 

Une prime au mauvais vouloir du patronat

Si cette prime, pour ceux qui vont la toucher, permettra de mettre du beurre dans les épinards, elle occulte le fond de la question salariale. D’abord parce qu’elle est inégalitaire. Elle se fera au bon vouloir du patronat. « Tant que ce n’est pas obligatoire, […] pour l’instant c’est un mauvais vouloir », a réagi Philippe Martinez. 

Les salariés du groupe Carrefour peuvent en témoigner. Malgré des bénéfices record en 2020, le groupe ne veut rien lâcher. « Certaines personnes, avec des anciennetés de 18 ans, gagnent 1100 euros net par mois » témoigne un délégué syndical CGT Carrefour mobilisé pour exiger des revalorisations salariales. 

De plus, une prime ne constitue pas un élément du salaire.

Les salariés sont perdants sur le long terme. En effet, la défiscalisation et les exonérations de cette prime, sont autant de rentrer d’argent en moins dans les caisses de l’Etat et de la Sécurité sociale. 

Dans la logique d’austérité du gouvernement, ce manque à gagner sera probablement répercuté sur de nouvelles coupes budgétaires dans les services publics et dans les prestations de la Sécurité sociale.Ainsi, le montant de cette prime ne rentre pas en compte dans l’ouverture des droits au chômage ou à la retraite. 

Pour la CGT, il faut commencer par revaloriser le SMIC

Cette solution est d’autant plus inacceptable que tous les salariés en bas de l’échelle salariale sont généralement rémunérés en dessous des grilles des conventions collectives qui démarrent … en dessous du Smic. 

Aussi, en refusant d’augmenter le SMIC, comme le demande la CGT, le gouvernement donne satisfaction au patronat qui s’exempte ainsi des négociations de branche. 

Solution qui permettrait d’élever le plancher de l’ensemble des salaires et répondre ainsi aux exigences salariales qui s’expriment, de différentes manières, partout dans le pays.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #9 : catégories objectives agréées (et autres sujets CCN)

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

You May Also Like
Lire plus

La taxe OCAM disparaît temporairement du PLFSS 2027

Les députés réunis en commission des affaires sociales ont adopté les amendements de suppression de la taxe sur les complémentaires santé prévue à l'article 12 du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027). Cette suppression est évidemment temporaire et la taxe sera sans nul doute réinstaurée en séance publique. Ce qui est intéressant c'est de ...

Avis d’extension d’un accord territorial (Dordogne) conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie

Le ministre du travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 16 octobre 2026, les dispositions de l’accord territorial (Dordogne) 30 juin 2026 relatif à la détermination de la valeur de point pour le calcul de la prime d’ancienneté, à compter du 1er juillet 2026 conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie (...

Avis d’extension d’un avenant salarial dans la CCN de l’assainissement et de la maintenance industrielle

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 16 octobre 2026, les dispositions de l’avenant n° 46 du 15 septembre 2026 relatif à la réévaluation des salaires minima conventionnels au 1er octobre 2026, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de l’assainissement et de la maintenance industrielle du 21 mai 2002 (déchets liquides ...