En 2023, à 64 ans, moins de 20 % des seniors étaient encore dans l’emploi

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Comme nous l’avons relevé hier, la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère du Travail, de la Santé et des Solidarités a récemment publié une étude sur le thème de l’emploi des seniors âgés de 55 ans et plus.

retraite

On retiendra notamment de cette étude qu’en 2023, à l’âge de 64 ans, moins de 20 % des seniors étaient encore dans l’emploi.

La situation contrastée de l’emploi des seniors

Le principal enseignement de son étude que la DARES met en avant est que le taux d’emploi des salariés âgés de plus de 55 ans progresse tendanciellement mais qu’il « reste en-deçà de la moyenne européenne ». « En 2023, 58,4 % des personnes âgées de 55 à 64 ans ont un emploi, contre 82,6 % de celles âgées de 25 à 49 ans. Ces taux continuent d’augmenter pour atteindre leurs plus hauts niveaux depuis 1975 » rapporte ainsi la DARES. « Entre 2000 et 2023, le taux d’emploi et le taux d’activité des seniors progressent respectivement de 27,4 et 28,8 points, soit d’un peu plus de 1 point par an en moyenne » ajoute-t-elle. L’étude explique – selon toute hypothèse : à raison – cette progression structurelle, par les réformes des retraites successives qui ont été menées en France durant les dernières décennies et qui contraignent les travailleurs à rester plus longtemps en emploi afin de pouvoir prendre leur retraite à taux plein.

Malgré cette progression structurelle du taux d’emploi des seniors, la France continue, indique la DARES, de se distinguer des pays européens par le niveau relativement bas de ce taux : « En 2023, le taux d’emploi des seniors en France se situe 5,5 points sous la moyenne de l’Union européenne (UE), qui est de 63,9 % ». On note, par ailleurs, que cette situation n’évolue guère au fil des années : « L’écart entre le taux français et la moyenne de l’UE reste stable, tous deux ayant augmenté de 1,5 point en 2023 ». Il est vrai que, ces dernières décennies, l’ensemble des pays européens ont mené des réformes des retraites comparables à celles menées en France – et même plutôt, dans les faits, plus rigoureuses encore.

La question de l’emploi des plus de 60 ans

Si ces enseignements ne manquent pas d’intérêt, une lecture plus approfondie de l’étude de la DARES montre que c’est s’agissant des seniors âgés de plus de 60 ans que la question de leur emploi des seniors se pose de manière particulièrement problématique. En effet, comme l’indique clairement le graphique 2 de l’étude, la participation des salariés au marché du travail chute rapidement à partir de l’âge de 60 ans. En 2023, en comptant les situations de cumul emploi-retraite, elle s’établissait autour de 60 % à cet âge, à environ 30 % à 62 ans et à moins de 20 % à l’âge de 64 ans. La DARES précise d’ailleurs qu’en matière d’emploi des seniors, la France se caractérise justement par la faiblesse de la participation au marché du travail des plus de 60 ans : « Le taux d’emploi des 60-64 ans est nettement en deçà de la moyenne européenne (de 12 points), alors que celui des 55-59 ans y est supérieur (de 1 point) ».

Ces chiffres seront diversement interprétés par les uns et les autres. Les partisans des réformes des retraites menées depuis les années 1990 souligneront que, même sur cette catégorie d’âge, la participation au marché de l’emploi progresse, de plus de douze points depuis 2014 en l’occurrence. Ceci est incontestable. Les opposants à ces réformes souligneront, certes, que les taux d’activité et d’emploi aux âges proches de ce qui est désormais l’âge légal de la retraite, soit 64 ans, n’en demeurent pas moins très faibles et qu’il en découle que la situation et les perspectives sociales des salariés âgés de plus de 60 ans se sont, par conséquent, fort probablement nettement dégradées au fur et à mesure que l’âge de la retraite reculait. Il paraît également difficile de contester ceci.

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