Complémentaire santé : la participation de l’employeur est-elle limitée à l’adhésion du salarié seul ?

La réforme de la complémentaire santé généralisée prévoit que le régime obligatoire mis en place dans l’entreprise doit être financé au moins pour moitié par l’employeur. Plusieurs accords signés au niveau des conventions collectives précisent ainsi le montant maximum de la cotisation au régime frais de santé obligatoire. Mais cette participation minimale est-elle limitée à l’adhésion de l’assuré seul ou peut-elle être étendue à sa famille ? 

 

La participation de l’employeur selon les accords de branche en complémentaire santé

De nombreux accords relatifs à la complémentaire santé se contentent de donner le montant de la cotisation au régime de base obligatoire pour le salarié seul. La participation minimale de l’employeur prévue par l’accord s’applique alors sur cette cotisation. Ainsi dans la convention collective des Hôtels, cafés, restaurants (IDCC 1979), la cotisation minimale de l’employeur doit être de 14 euros, ce qui représente 50% de la cotisation maximale au régime de base pour le salarié seul. 

En revanche, dans d’autre conventions collectives, le régime de base prévu par accord collectif peut aussi viser la famille du salarié. C’est le cas dans l’accord santé du négoce en fournitures dentaires (IDCC 635) où le régime de base obligatoire peut bénéficier soit au salarié seul, soit à la famille. Dans ce cas, la participation de l’employeur demeure à 50% au minimum mais la cotisation globale diffère : elle est de 1,44% PMSS pour le salarié et de 3,50% PMSS pour la famille. 

La participation obligatoire de l’employeur au régime de complémentaire santé dépend donc des personnes visées par le régime de base mis en place dans l’entreprise : cela peut concerner aussi bien le salarié que ses ayants droit. 

Cependant, il ne faut pas oublier que dès lors qu’une couverture complémentaire santé facultative est choisie par le salarié, la participation de l’employeur au financement de cette couverture n’est aucunement obligatoire. 

 

Des particularités prévues par les accords de complémentaire santé

Certains accords conclus aussi bien au niveau de la convention collective que des entreprises peuvent prévoir des mesures particulières. 

Ainsi, des accords santé comme celui du négoce et prestations de services dans les domaines médico-techniques (IDCC 1982) prévoient que la participation de l’employeur au régime de base doit être de 60% et non de 50%. 

Il est important de retenir qu’un accord d’entreprise peut aussi déroger à l’accord de branche si cette dérogation est avantageuse pour les salariés. Ainsi, une entreprise pourra décider de prendre en charge une part plus importante du régime de base que ce qui a été prévu au niveau de la convention collective. De même, un accord de branche qui ne propose qu’un régime de base à destination des salariés n’empêche pas l’entreprise de proposer en parallèle un régime de base pouvant aussi bénéficier aux ayants droit du salarié. Dans ce cas la prise en charge de la cotisation par l’employeur doit être de 50% au minimum. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #10 : Le Triparator boosté à l'IA en bêta test

Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

You May Also Like

Ircantec : hausse programmée des taux de cotisation à partir de 2027

Un décret paru au Journal officiel fixe de nouveaux taux de cotisation pour financer le régime de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (Ircantec). La hausse prendra effet le 1er janvier 2027. En 2027 les taux passent à 2,24% pour le bénéficiaire et 3,36% pour l'employeur sur la tranche de rémunération inférieure au plafond de l'article ...
Lire plus

Alerte : la couverture santé devrait bien être maintenue lors du congé supplémentaire de naissance

Le ministère du travail et des solidarités vient de trancher la question du maintien de la couverture santé collective lorsqu'un salarié bénéficie du nouveau congé supplémentaire de naissance. Dans sa réponse (reproduite en fin d'article), le ministère balaie ainsi les arguments juridiques qui conduisaient à suspendre la couverture collective pendant la durée de ce nouveau congé. Cela permet de clarifier enfin la situation pour les organismes de complémentaire santé, les employeurs et les salariés. Cependant, les...

Les salaires évoluent pour les ouvriers du bâtiment dans les Hauts-de-France (-10 salariés)

Un accord régional relatif aux salaires applicables dans les Hauts-de-France a été conclu dans la CCN des ouvriers du bâtiment (jusqu’à 10 salariés IDCC 1596). Le texte a été signé le 10 juillet 2026 par la FFB Hauts de France, Fédération SCOP-BTP Hauts de France et Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment Hauts de France ; ainsi...