Appréciation de la cause économique du licenciement : précisions sur la notion de périmètre du groupe

La Chambre sociale de la Cour de cassation a rendu, le 16 novembre 2016, deux arrêts (arrêt n° 2042 et arrêt n° 2047) relatifs aux modalités d’appréciation de la cause économique d’un licenciement et le périmètre du groupe à prendre en compte. 

 

Appréciation de la cause économique du licenciement : les imprécisions de la jurisprudence antérieure

Antérieurement aux deux arrêts du 16 novembre 2016, la Cour de cassation s’est prononcée à plusieurs occasions sur l’appréciation du motif économique de licenciement dans le cadre d’un groupe. 

La chambre sociale de la Cour de cassation juge depuis 1995 (Soc. 5 avril 1995, n°93-42.690 Bull V n°123) que, lorsque l’entreprise fait partie d’un groupe, la cause économique d’un licenciement s’apprécie au niveau du secteur d’activité du groupe dans lequel elle intervient. (Soc. 26 juin 2012, n° 11-13.736, Bull V n°197), sans qu’il y ait lieu de réduire le groupe aux sociétés ou entreprises situées sur le territoire national (Soc. 12 juin 2001, n°99-41.571 Bull V n°214). 

Cependant ni la jurisprudence ni le législateur n’ont apporté des précisions quant à l’appréhension du groupe dans le cadre d’une appréciation de la cause économique du licenciement. 

Les arrêts du 16 novembre 2016 sont l’occasion, pour la Chambre sociale, de préciser le périmètre du groupe à prendre en compte pour apprécier la cause économique d’un licenciement. 

 

Appréciation de la cause économique du licenciement : précisions de la Cour sur le périmètre du groupe

Les juges de la Chambre sociale commencent par rappeler que la cause économique d’un licenciement s’apprécie au niveau de l’entreprise ou, si celle-ci fait partie d’un groupe, au niveau du secteur d’activité du groupe dans lequel elle intervient. 

Les juges considèrent que le périmètre du groupe à prendre en considération est l’ensemble des entreprises unies par le contrôle ou l’influence d’une entreprise dominante dans les conditions définies à l’article L. 2331-1 du code du travail, sans qu’il y ait lieu de réduire le groupe aux entreprises situées sur le territoire national. 

Ainsi, grâce aux deux arrêts rendus le 16 novembre 2016, la Cour de cassation a permis de mettre un terme aux imprécisions et hésitations relatives au périmètre du groupe à prendre en compte pour l’appréciation de la cause économique du licenciement. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #2 : Le point sur les catégories objectives dans les CCN

You May Also Like

Seyna poursuit sa forte croissance

La plateforme française d'assurance et de technologie pour les courtiers, Seyna, publie des résultats annuels 2025 très positifs. Après une année 2024 déjà bonne, l'année 2025 poursuit dans la même trajectoire et dépasse les objectifs que l'entreprise s'est fixée dans son plan "Horizon 2027". Ainsi le niveau des...

Relyens poursuit sa croissance mais son résultat et sa solvabilité reculent

Le groupe Relyens communique sur les résultats de son exercice 2025 en insistant sur la progression de son chiffre d'affaires (CA) et des primes récoltées. Il faut dire que son CA dépasse désormais les 700 M€. Après une année 2024 à 674 M€, l'année 2025 permet à Relyens d'atteindre 723 M€. Cette belle progression s'accompagne d'une hausse des primes collectées qui atteignent dans le même temps 1 242 M€ (c'était 1 160 M€ en 2024). ...
Lire plus

La CCN du golf choie son référencement en santé

La santé collective de la convention collective nationale (CCN) du golf (IDCC 2021) bénéficie d'un référencement associé à un taux d'appel des cotisations favorable. Il faut croire que cette mutualisation officieuse auprès de l'Apgis porte ses fruits. Effectivement, le dernier avenant tout juste publié au Bulletin officiel des conventions collectives (BOCC) améliore certains remboursements tout en réduisant davantage...

Avis d’extension d’accords régionaux (Occitanie) chez les OETAM du bâtiment 

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 15 avril 2026, les dispositions de 3 accords régionaux (Occitanie) du 13 février 2026 relatifs aux salaires et aux indemnités de petits déplacements IPD, conclus dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises occupant...