L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) publie son panorama annuel des chiffres de la banque et de l’assurance pour 2025. C’était une année exceptionnelle pour l’assurance-vie et l’épargne retraite, tandis que la santé et la prévoyance affichent une croissance plus mesurée. Tour d’horizon chiffré du marché de l’assurance de personnes (rapport complet en fin d’article).

Le secteur de l’assurance aborde 2025 en position de force. Le bilan prudentiel agrégé des assureurs atteint 3 147 Md€, en hausse de 5,9% sur un an. Leur solvabilité reste très confortable avec un taux de couverture du capital de solvabilité requis (SCR) moyen de 250%. Au passif, les provisions techniques atteignent 2 272 Md€, dont près de 88% au titre de l’assurance-vie, tandis que le rendement moyen des placements remonte à 2,8%, contre 2,0% trois ans plus tôt. Dans ce paysage, concentrons-nous sur l’assurance de personnes.
Vie et retraite : une année record
La collecte brute en assurance-vie atteint 159,1 Md€, en hausse de 12,2% et à un niveau inégalé depuis 2011. La collecte nette bondit aussi pour arriver à 44 Md€, son plus haut niveau depuis 14 ans et près du double de 2024 d’après le rapport ACPR. Les unités de compte en concentrent l’essentiel (85%). Mais le fait marquant est le retour des fonds en euros : leur collecte nette redevient positive (+6,4 Md€) pour la première fois depuis 2019, portée par le redressement des rendements.
L’épargne retraite suit le même élan. La collecte nette des contrats non rachetables progresse de 46% à 7,7 Md€, tirée par les plans d’épargne retraite (PER). Créés en 2019, les organismes de retraite professionnelle supplémentaire (ORPS), désormais stabilisés autour de 23 acteurs, collectent quant à eux 14,6 Md€ de primes, pour un bilan de 237,9 Md€ et une solvabilité de 200%.
Santé et prévoyance : une progression plus mesurée
Côté santé et prévoyance (regroupées par l’ACPR sous les « dommages corporels », qui couvrent aussi bien le remboursement des frais de soins que l’incapacité, l’invalidité et la dépendance) la dynamique est plus sage. Les primes y progressent de 3,6% et les sinistres de 3,8%, après une hausse de 8% en 2024, portée par le reflux de l’inflation. Ce segment, première activité de l’assurance non-vie, s’inscrit dans un ensemble non-vie dont les primes acquises atteignent 154 Md€ (+5,1%) pour 136 Md€ de sinistres (+2,6%) : les tarifs y progressent désormais plus vite que la sinistralité.
Au total, le marché de l’assurance de personnes est tiré par l’épargne et la retraite, dopées par des rendements redevenus attractifs et par la montée en charge des PER, tandis que la santé et la prévoyance avancent à un rythme plus contenu. Un équilibre que les transferts de charges programmés vers les complémentaires santé, sur fond de redressement des comptes de la Sécu, a toutes les chances de rebattre en 2026.