Yves Lévy, mari d’Agnès Buzyn, ne sera pas reconduit à la tête de l’Inserm

C’est une décision qui devrait faire parler. Yves Lévy, le mari d’Agnès Buzyn, ne sera pas reconduit à la tête de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale. En cause, des suspicions de conflits d’intérêts suite à plusieurs décisions controversées de la ministre de la Santé.  

C’est la fin de la République Bananière. L’immunologiste Yves Lévy, à la tête de l’Inserm depuis 2014, ne sera pas reconduit dans ses fonctionsannonce Le Figaro. L’institut qui dispose d’un budget de près d’un milliard d’euros, pointe de possibles conflits d’intérêts, la femme de l’actuel PDG n’étant autre qu’Agnès Buzyn, la ministre de la Santé. 

Fini les bêtises !

La situation commençait à devenir difficile à tenir pour le couple Lévy-Buzyn. Et pour cause, ce sont des dizaines d’articles qui relayaient les décisions prises par la ministre de la Santé en faveur de l’institut placée sous la tutelle du ministère de la Recherche mais aussi du ministère des Solidarités et de la Santé.  

Face à la menace que représenterait un conflit d’intérêt avéré, l’Inserm a pris la décision de ne pas reconduire son actuel PDG sans qu’il passe, comme les autres candidats, par le test de l’appel à candidature.  

Une décision qu’a d’ailleurs salué Philippe Froguel, diabétologue qui a notamment dirigé le programme national de recherche sur le diabète de l’Inserm au côté de l’ex-Président de l’Inserm Christian Bréchot, et candidat à la présidence de l’Inserm. 

 

Je me réjouis que la rumeur qui courait depuis quelques jours, selon laquelle le PDG de l’Inserm serait reconduit sans appel à candidatures, ne soit pas vérifiée. Il faut que les représentants désignés par le ministère de la Santé soient remplacés par les représentants choisis par le Premier ministre.  

La gestion des IHU : une faveur faîte à l’Inserm au détriment de la santé ?

Comme toutes les décisions importantes, elles sont prises à postériori des actes problématiques. En 2017, Agnès Buzyn, tout juste nommée ministre de la Santé dans le gouvernement Macron, se faisait remarquer dans l’affaire qui l’opposait aux Instituts Hospitalo-Universitaires, soit les IHU.  

Instituts créés en 2010 et mondialement reconnus, leur apparition a permis de stimuler la recherche médicale en France. Pour ça, elles bénéficiaient d’un statut de « fondations indépendantes ». Mais de par leur indépendance, elles doivent aussi déposer et vendre des brevets à de grandes entreprises pour vivre.  

Et c’est exactement ce statut indépendant qui est discuté. Le 6 octobre dernier, le président du jury international pour les nouveaux IHU a lui démissionné de son poste en affirmant que l’indépendance du jury est rejetée. Une position reprise par le professeur Richard Frackowiack, ponte de la neurologie, mais aussi Didier Raoult, chercheur biologiste et professeur de microbiologie français. 

Sans indépendance de support, le gouvernement remettait alors toutes les clés à Yves Lévy, président de l’Inserm, qui pouvait diriger les IHU depuis Paris. Une position qu’a réfutée le cabinet ministériel expliquant que « le dossier des IHU est plus large que celui de l’Inserm, et la ministre de la Santé était forcément impliquée ». Seulement, c’est bien le cabinet de la ministre de la Santé qui a apposé sa signature sur la décision. 

Et quand bien même cela n’aurait pas été le cas, on se doute bien que le simple fait qu’Yves Lévy soit le mari d’Agnès Buzyn, renforce son poids dans les négociations.  

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