Taxe sur les Ocam : tant pis pour la négociation ?

Nos confrères des Echos révélaient hier la probabilité d’une hausse de la taxe de solidarité additionnelle (TSA) payée par les organismes complémentaires d’assurance maladie (Ocam). Si cette décision était validée par une loi votée en bonne et due forme, nous basculerions d’un projet de taxe exceptionnelle à une hausse pérenne, en totale contradiction avec les récents propos du ministre de la santé Yannick Neuder.

Rappelons que l’idée de taxer un peu plus les Ocam en 2025 émane, à l’origine, de l’abandon de la hausse du ticket modérateur (TM) chez le médecin. Le gouvernement utilise le prétexte des hausses de cotisations opérées par les Ocam dans le but de faire face à cette augmentation du TM (laquelle n’a finalement pas lieu), pour leur confisquer au moins 1 Md€ au bénéfice du budget de la sécurité sociale.

Mais alors que les Ocam réclamaient un vrai dialogue sur ce sujet, on pensait que le ministre de la santé les avait entendus. Celui-ci expliquait, fin janvier, que le milliard d’euros prélevé se traduirait soit par une ponction exceptionnelle, soit par la charge d’autres missions, soit les deux. Dans tous les cas il se disait ouvert à la discussion et la négociation. Le gouvernement avait même une bonne occasion de régler l’un de ses problèmes de lutte contre la fraude avec le PLFSS 2025 imposé par article 49 alinéa 3 de la Constitution. Mais aucun des amendements facilitant la communication entre la sécurité sociale et les Ocam n’a été retenu. Etonnant.

Loin de ces considérations, c’est finalement la piste d’une hausse de 2 points de la TSA. Ce n’est donc pas une hausse temporaire mais bien une hausse pérenne de la fiscalité qui serait actée. Le gouvernement est, par ailleurs, parfaitement conscient que cette augmentation sera directement répercutée sur les tarifs des contrats de complémentaire santé, les faisant passer pour les « méchants » de l’histoire (il est difficile d’être étonné, c’est la même stratégie que suit le gouvernement depuis des années, et les Ocam se font toujours prendre au piège).

Pour le moment cette idée est lancée et on imagine que les représentants des complémentaires santé ne tarderont pas à réagir. S’il devait y avoir une négociation pour trouver une autre solution, elle sera à sens unique : les Ocam savent qu’en cas de faux pas, c’est une hausse de la TSA qui les attend.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #1 : Les accords santé face aux fusions de CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

You May Also Like

L’ACPR fait le bilan de sa prévention des escroqueries

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) nous rappelle qu'en 2025 elle a inscrit 1 190 sites ou entités à l'origine d'escroqueries dans les domaines de crédits, de livrets d'épargne, de services de paiement et d'assurances. Les travaux d'alerte et de prévention de l'ACPR continuent en 2026 et l'Autorité rappelle que 62% des escroqueries identifiées et liées aux faux crédits ou livrets d'épargne parviennent à usurper l'identité d'un établissement ou...
pâtisserie
Lire plus

Un accord santé plus cher et moins généreux dans la CCN de la pâtisserie

L'année 2026 entraine le rééquilibrage de nombreux accords santé signés dans les conventions collectives nationales (CCN). Celle de la pâtisserie (IDCC 1267) en fait partie malgré un partenariat historique avec AG2R La Mondiale. Les près de 3 000 entreprises et plus de 21 000 salariés du secteur connaissent ainsi une évolution plutôt défavorable de leur régime frais de santé. ...