Les Français s’habituent à l’idée de travailler plus longtemps, mais ils n’abandonnent pas leur attachement à une retraite précoce. C’est ce que révèle la dernière édition du baromètre d’opinion de la la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) sur les retraités et les retraites, menée fin 2024 auprès de 4 000 personnes. Cette enquête, qui suit depuis près d’un quart de siècle l’évolution des souhaits et des anticipations en matière de retraite, met en évidence un décalage croissant entre les aspirations des actifs et la réalité qu’ils jugent possible.

Les réformes successives repoussent progressivement l’âge idéal de départ, tout en creusant l’écart entre l’envie que nourrissent certains français de prendre leur retraite à 60 ans et la date que chacun juge atteignable. Derrière ce réalisme contraint, une inquiétude persistante sur le niveau de vie futur nourrit une forme de lassitude face aux réformes.