L’APREF (Association des professionnels de la réassurance en France) publie son enquête annuelle 2026, portant sur les données récoltées en 2025. Derrière une croissance globale des primes de réassurance de 10% en incluant la Caisse centrale de réassurance (CCR), le marché privé (hors CCR) s’avère moins dynamique (+3,5%). Deux mouvements attirent notre attention : l’accélération de la santé et l’enlisement de la dépendance.
Selon l’enquête de l’APREF, les primes de réassurance acceptées depuis le marché français atteignent 8,8 Md€ en 2025 (+10% sur un an). Mais ce dynamisme tient toutefois largement à la réassurance publique et les primes brutes ne progressent que de 3,5%, à 6,9 Md€ sans inclure la réassurance publique. Cet écart mesure le poids grandissant de la mutualisation publique des risques extrêmes, climat et catastrophes naturelles en tête.
En réassurance Vie, la santé porte désormais la croissance
La branche de réassurance Vie atteint 2,4 Md€ (+2%) et reste dominée par la prévoyance, qui en représente 71% mais ne croît « que » de 3% sur un an. Mais c’est la santé qui retient l’attention : après une année 2024 déjà vigoureuse, elle progresse encore de 6% en 2025 (mais la santé ne représente que 16% des primes de réassurance en Vie). L’APREF explique que ce sont les désengagements successifs de l’assurance maladie obligatoire qui entrainent cette tendance.
La dépendance, à l’inverse, fait du surplace. Elle représente 13% de la branche Vie et stagne sur un an. Le rapport décrit un marché en attente d’une éventuelle loi, sans affaires nouvelles et rongé par l’attrition des portefeuilles existants.
En Non-Vie, la réassurance reste portée le Dommages
Hors CCR, la réassurance Non-Vie pèse 4,5 Md€ (+4% sur un an). Sa progression tient avant tout à l’activité de réassurance Dommages aux biens (41% des cotisations), quand les 2 autres branches suivantes automobile et responsabilité civile représentent respectivement 16% et 12% des cotisations. Le marché demeure très concentré et les 5 premières branches (aux 3 branches déjà évoquées il faut ajouter le crédit et la construction) de réassurance captent près des deux tiers des primes. L’APREF qualifie le renouvellement du 1er janvier 2025 de « sans bouleversement ».