Présidentielle : à la CGT, on a l’analyse de politique sociale un peu courte

A la CGT, Philippe Martinez a été clair : dans le cadre du second tour de l’élection présidentielle, « pas une voix du monde du travail » ne doit aller à « l’extrême-droite ». Supposant peut-être – et à raison, soit dit en passant – que cet appel ne suffirait pas à convaincre toutes ses troupes travailleuses de ne pas voter pour Marine le Pen, la direction de la CGT a précisé sa consigne dans le cadre d’une analyse de « l’imposture sociale de la candidate le Pen ».

A la lecture de cette analyse cégétiste, force est pourtant de constater que l’on reste sur notre faim. Le propos est court, n’évoquant que fort brièvement les enjeux du pouvoir d’achat, du financement de la Sécurité sociale et de l’âge de la retraite. Il y est reproché à Marine le Pen qu’elle promet de réduire la TVA sur certains produits au risque de ne pas respecter les engagements européens de la France, qu’elle veut réduire le financement de la Sécurité sociale par la cotisation et qu’elle avance masquée sur la question de la hausse de l’âge de la retraite.

Si ces deux dernières critiques pourraient, sur le fond, s’avérer pertinentes, encore faut-il préciser que pour être complète, l’analyse du choix qui s’offre aux électeurs supposerait de s’intéresser également au programme du candidat Macron sur ces questions. Les choses apparaîtraient alors sous un jour nettement plus balancé… Concernant d’autre part la question de la réduction de la TVA, plutôt que de pointer du doigt l’irréalisme supposé de la proposition de Mme le Pen, il s’agirait peut-être de poser la question des risques posés par la perte de souveraineté de la France sur un enjeu aussi fondamental, et tout particulièrement pour les classes populaires, que celui de la TVA.

Dans l’ensemble, il n’est pas du tout certain que le « décryptage » fourni par la CGT du programme social de Marine le Pen convaincra les indécis – sans même parler de ceux qui souhaitent voter pour elle – de ne pas glisser un bulletin RN dans l’urne.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

Lancer la vidéo

Piratage d'Almerys : Nathalie Goulet interroge Stéphanie Rist

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

You May Also Like

BTP : le taux du régime intempéries fixé à 0,68 % pour le gros œuvre, avec un volet canicule

Un arrêté pris 3 septembre 2026 et paru le 18 septembre au Journal officiel fixe, pour la période du 1er avril 2026 au 31 mars 2027, les paramètres du régime chômage-intempéries du bâtiment et des travaux publics (BTP). L'abattement à défalquer du total des salaires servant de base au calcul de la cotisation due aux caisses de congés payés est porté à 96 168 euros. Le taux de cotisation du régime intempéries est fixé à 0,68 % des salaires retenus après abattement...

La durée des arrêts de travail indemnisé est aussi revue pour les indépendants, fonctionnaires et magistrats

En parallèle du décret relatif aux salariés, un autre décret du 16 septembre 2026 étend la même réduction (de 3 ans à 1 an) de la durée maximale d'indemnisation des arrêts de travail aux travailleurs indépendants, aux ministres des cultes et membres des congrégations et collectivités religieuses, ainsi qu'aux fonctionnaires de l'État et aux magistrats. ...

Arrêts de travail : la durée maximale d’indemnisation (hors ALD) passe de 3 à 1 an

Un décret daté du 16 septembre 2026 et publié au Journal officiel du 18 septembre réduit la durée maximale dérogatoire des arrêts de travail indemnisés. La durée d'indemnisation des assurés en arrêt de travail de longue durée passera ainsi de 3 ans à 1 an pour tous les arrêts prescrits à partir du 15 octobre 2026. Mais la mesure s'applique aussi à tous les arrêts en cours à cette date-là s'ils atteignent 6 mois à partir du 15 octobre 2026. La durée de 3 ans...

Avis d’extension d’accords territoriaux (Hauts-de-France) chez les OETAM du bâtiment

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 18 septembre 2026, les dispositions de 4 accords territoriaux (Hauts-de-France) du 10 juillet 2026 relatifs aux salaires et aux indemnités de petits déplacements IPD, conclus dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises...