Pour FO, la lutte contre le travail dissimulé nécessite plus de moyens

Cet article est paru sur le site du syndicat de salariés FO

 

Avec 541 millions d’euros en 2017 contre 554 millions en 2016, le montant des redressements portant sur le travail dissimulé (fraude aux cotisations et contributions sociales comprenant la fraude au détachement) et réalisés par le réseau des Urssaf est un recul. En léger recul. De nets progrès ont en effet été réalisés depuis quelques années. 

Ainsi, entre 2013 et 2017, les montants redressés ont progressé de près de 70 % pour un total de 2,3 milliards d’euros, indique l’Acoss, l’agence centrale des organismes de Sécurité sociale. En 2017, près de 58 000 actions de lutte ont été menées contre le travail dissimulé (d’activité ou d’emploi salarié). Près de 87 % des actions ciblées de contrôle ont abouti à un redressement. 30 % des actions de contrôle ont concerné le secteur du bâtiment (qui a concentré 54 % des sommes redressées), 21 % l’hôtellerie-restauration, 15 % le commerce. L’an dernier encore, les sanctions financières ont généré 144 millions d’euros, soit 27 % des montants globaux annuels de la lutte contre le travail dissimulé. Les annulations d’exonérations de cotisations et contributions sociales et les majorations complémentaires de redressement se sont respectivement élevées à 27,5 millions d’euros et 116, 5 millions d’euros

« Des objectifs quantifiés aberrants »

L’objectif d’une amélioration des redressements était inscrit dans la Convention d’objectifs et de gestion (COG) 2014-2017 conclue entre l’État et les Urssaf. Pour 2017, l’objectif de redressements était fixé à un montant de 350 millions d’euros. Il a été dépassé de près de 55 %, se félicite l’Acoss alors que la COG 2018-2022 fixe à 3,5 milliards le prochain objectif global à atteindre sur cinq ans. Dans la lutte contre le travail dissimulé, neuf corps de contrôle, dont les inspecteurs des Urssaf et des MSA, sont compétents, indique l’Acoss. Pour le réseau Urssaf, 1 550 inspecteurs consacrent 15 % de leur temps de contrôle à cette lutte. D’ici à 2022 ce temps dédié devra passer à 20 %, prévoit la COG. Des outils techniques d’information permettront de mieux cibler les risques de fraude assure l’Acoss, qui compte aussi que la lutte contre le travail dissimulé progresse encore via de nouveaux outils juridiques (accès aux fichiers de l’administration fiscale, procédure rénovée de saisie conservatoire). Patrick Schuster, secrétaire FO de la commission permanente des agents des corps extérieurs de recouvrement et de contrôle (ACERC) réagit à ces annonces. Ce genre d’effets, c’est bien beau mais… En réalité, le secteur du recouvrement va perdre des postes. Quant aux inspecteurs, ils font du rendement, sont soumis à des objectifs quantifiés aberrants et passent jusqu’à 25 % de leur temps de travail à du reporting chronophage. Au bout du compte, les montants recouvrés sont moindres par rapport à ce qu’ils pourraient être car les inspecteurs manquent de moyens (temps, effectifs, organisation…) pour réaliser la mission de recouvrement.  

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #6 : les grandes actualités CCN santé-prévoyance de la rentrée 2026

You May Also Like

L’activité de la Mutuelle Entrain ralentit mais garde le cap en 2025

La Mutuelle Entrain, historiquement dédiée aux cheminots, publie un rapport d'activité 2025 qui montre un ralentissement de son activité. Le rapport SFCR reproduit ci-après indique que le nombre de bénéficiaires de la mutuelle a chuté entre 2024 et 2025 pour tomber à 94 788 (contre 142 049 initialement). C'est la santé individuelle qui est à l'origine de cette dégringolade, légèrement contrebalancée par le faible dynamisme de l'activité collective qui a gagné un...

Avis d’extension d’accords territoriaux (Bourgogne et Franche-Comté – Occitanie) dans les industries de carrières et de matériaux

Le ministre du travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 30 avril 2026, les dispositions de l'accord territorial (Bourgogne - Franche-Comté) du 11 mars 2026 et de l'accord territorial (Occitanie) du 13 mars 2026, relatifs aux salaires minimaux des ouvriers et ETAM, conclus dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers et des employés, techniciens et agents de maîtrise des industries de carrières et...

Avis d’extension d’accords territoriaux dans la métallurgie Bouches-du-Rhône et Alpes-de-Haute-Provence – Côtes-d’Armor – Jura – Vaucluse – Var – Vendée – Vienne

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 30 avril 2026, les dispositions de : - L'accord territorial - Bouches-du-Rhône et Alpes-de-Haute-Provence - du 9 mars 2026 ; - L'accord territorial - Côtes-d'Armor - du 19 mars 2026 ; ...