Ordonnances : Force Ouvrière pousse la mutualisation prévoyance

Quelque peu chamboulée ces derniers temps par les développements de la mobilisation contre les ordonnances portant réforme du Code du Travail, la direction confédérale de Force Ouvrière tente de reprendre la main sur le cours des choses. Or, pour ce faire, quoi de mieux que l’un des domaines de prédilection de la centrale : la protection sociale complémentaire ? Dans un article publié hier sur son site internet et où elle se félicite de ce que la prévoyance continuera à demeurer un « domaine réservé » des branches d’activité, FO en vient à aborder l’enjeu de l’avenir de la mutualisation. 

Exégèse autorisée

Reprenant les dispositions des ordonnances, FO rappelle d’abord que les futures conventions de branches vont devoir comprendre des mesures spécifiques aux entreprises de moins de cinquante salariés ou justifier explicitement pourquoi de telles mesures ne sont pas nécessaires. Le non respect de cette contrainte devrait engendrer la non extension de l’accord de branche. 

FO revient ensuite sur la question de l’articulation entre accords de branches et d’entreprises. Citant le texte des ordonnances : « les stipulations de la convention de branche prévalent sur la convention d’entreprise conclue antérieurement ou postérieurement à la date d’entrée en vigueur de la convention de branche, sauf lorsque la convention d’entreprise assure des garanties au moins équivalentes », la centrale s’interroge sur la signification exacte de l’expression : « garanties au moins équivalentes » et appelle à la « vigilance » quant à la manière dont elle sera précisée dans le décret d’application. 

Pour les désignations

Parallèlement à ces commentaires du projet de réforme gouvernemental, FO réaffirme son souhait de reprendre le débat sur les clauses de désignation. Ces termes ne sont pas clairement cités mais, rapport Libault à l’appui, l’Avenue du Maine revendique l’institution de « conventions collectives de Sécurité sociale complémentaire ». D’après Force Ouvrière, ceci donnerait aux branches les moyens « d’établir un régime de prévoyance étendu à toutes les entreprises d’un secteur d’activité déterminé, garant de la solidarité ». Autrement dit, de recourir à des systèmes de désignations. 

Ces propos demeurent, certes, des revendications. A l’heure où le gouvernement peut peut-être ressentir la nécessité de donner quelques gages aux dirigeants de la CFDT et de FO – afin qu’eux-mêmes consolident leurs positions en interne – ces revendications méritent toutefois d’être prises au sérieux. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et solvabilité

You May Also Like

Médecine naturelle : Groupama expérimente la carte de paiement virtuelle d’Eyst Technology

Ce communiqué a été diffusé par Eyst Technology. Après plusieurs déploiements réussis dans les secteurs de l’assistance et de l’IARD, la startup française Eyst Technology (dont la solution SaaS d’indemnisation fléchée lui a permis de lever 1,7 million d’euros en octobre 2025 et de signer des partenariats avec 4 grands noms de l’assurance, dont Generali) poursuit son expansion dans le secteur de l’assurance avec le lancement dévoilé aujourd’hui...
Lire plus

Ce que change la nouvelle CCN des sucreries en protection sociale complémentaire

La convention collective nationale (CCN) des sucreries, sucreries-distilleries et raffineries de sucre (IDCC 2728) a été entièrement refondue le 16 avril 2026. Derrière la réécriture d'ampleur, il est essentiel de savoir comment les garanties de protection sociale complémentaire évoluent. Voici un comparatif synthétique pour aider nos lecteurs à y voir plus clair. ...