Non, une erreur de gestion d’entreprise n’est pas automatiquement une faute

En cas d’obligation de réorganiser son entreprise, l’employeur peut user de son pouvoir de gestion pour mettre en place un plan de licenciement économique. Mais ce pouvoir d’autonomie du chef d’entreprise a une limite : si les décisions initiales de gestion révèlent une faute intentionnelle, alors les suppressions d’emploi qui en découlent potentiellement ne sont pas justifiées. La Cour de cassation vient ainsi d’apporter des précisions utiles pour comprendre dans quelle mesure le juge peut condamner une entreprise pour ses erreurs de gestion.

 

Le juge se prononce dans une affaire qui oppose la société des Pages jaunes à plusieurs salariés. Les faits invoqués par les salariés plaignants remontent à 2006. La société Pages jaunes a été engagée par le groupe auquel elle appartient à rembourser une dette contractée dans le cadre d’un LBO (leverage buy-out). Concrètement, une entreprise a été achetée par le groupe grâce à un emprunt bancaire : c’est la société Pages jaunes qui s’est alors engagée à rembourser cet emprunt entre 2006 et 2011 en utilisant ses propres ressources financières. Autrement dit, une partie de l’argent de la société a servi à acheter une autre entreprise pour le bénéfice du groupe. 

Ce contenu est réservé aux abonnés

Contactez-nous pour accéder à tous nos articles premium
Si vous un compte vous pouvez vous connecter.
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor et l'ACPR parlent du gel des tarifs des mutuelles

You May Also Like
métallurgie
Lire plus

Quand l’annulation du forfait jours est à sens unique en défaveur de l’employeur

La Cour de cassation s'est une fois de plus prononcée sur la question des conventions de forfait jours en entreprise. Dans ce cas précis, c'est le forfait prévu par l'ancienne convention collective nationale (CCN) de la métallurgie (IDCC 3248) avant son unification applicable depuis 2022, qui est à l'origine de l'affaire. Bien que le jugement daté du 3 juin 2026 porte sur une convention qui n'est plus applicable, ses...
Lire plus

Forfait jours : comment l’entreprise peut se tromper de CCN sans risquer trop gros

L'accalmie du mois de mai, parsemé de semaines émaillées de ponts et jours fériés, est une bonne occasion de revenir sur une décision importante rendue par la Cour de cassation à propos des conventions de forfait jours. Cette décision (n° 24-22.129) remonte au 25 mars 2026 et permet de savoir si l'entreprise peut bénéficier d'un droit à l'erreur pour la convention collective nationale (CCN) de...
Lire plus

Retraite complémentaire : si l’employeur se trompe, le salarié ne doit pas trainer pour saisir le juge

La Cour de cassation vient de rendre une décision extrêmement importante pour les entreprises et leurs salariés en matière de retraite complémentaire. Le juge s'y prononce sur le délai de prescription laissé au salarié pour aller en justice et faire valoir ses intérêts. Nous allons voir que ce délai est bien plus court que ce que l'on pourrait penser. ...
Lire plus

Licenciement : l’arrêt de travail compte-t-il pour calculer l’ancienneté ?

Il y a quelques semaines la Cour de cassation se prononçait sur l'impact de l'arrêt de travail sur l'ancienneté du salarié. La question a son importance car lorsqu'une entreprise décide de licencier un salarié, le montant de l'indemnité de licenciement à verser dépend de la durée d'ancienneté. A cette occasion le juge rappelle que tout dépend en réalité de l'origine de l'arrêt du salarié. ...
Lire plus

Droits à congés pendant un arrêt maladie : attention à bien lire sa CCN !

La Cour de cassation s'est prononcée, il y a quelques semaines, sur la question des droits à congés pendant un arrêt de travail lié à un accident ou une maladie relevant de la vie privée continuent à acquérir des droits à congé. Il n'y a pas de débat sur le fait qu'un salarié en arrêt "vie privée" augmente sa durée de congé en fonction de la longueur de son indisponibilité. Cependant la décision s'intéresse particulièrement à la façon dont la convention collective nationale (CCN) prend, ou non, le pas sur la...