Négociation chômage : une première séance sous pression maximale

La première vraie séance de négociation sur l’avenir de l’assurance chômage, qui s’est déroulée vendredi dernier, a confirmé que les discussions paritaires risquent fort de ne pas mener à un accord satisfaisant du point de vue du chef de l’Etat. Alors que les partenaires sociaux semblent vouloir faire preuve de compréhension mutuelle, l’exécutif s’emploie à ruiner leurs efforts. 

L’appel du pied de la CFDT

Si le commentaire médiatique de la journée de vendredi a beaucoup porté sur l’action spectaculaire de Denis Gravouil, de la CGT, qui, en arrivant sur les lieux de la négociation, a déchiré la lettre gouvernementale de cadrage de la négociation Unédic, le relatif apaisement de la CFDT a moins fait parler de lui. Certes, au sujet d’éventuelles baisses de droits, la centrale modérée s’est montrée ferme : « On ne rentrera pas dans les discussions qui entraîneraient des baisses de droits, notamment des plus précaires » a en effet déclaré Marylise Léon à la sortie de la réunion. En revanche, dans le domaine de la lutte contre le recours trop systématique aux contrats courts, la CFDT a remis en selle les branches professionnelles comme lieu de négociation opportun : « Si les branches ne répondent pas présentes, nous demanderons la mise en place d’un bonus malus ». 

Un patronat plus souple

Cette position conciliante de la CFDT au sujet des contrats courts n’a sans doute pas déplu aux négociations patronaux. Si le Medef n’a guère fait part de ses états d’âme, la CPME s’est pour sa part montrée plus loquace, exprimant une souplesse nouvelle du patronat quant à l’orientation générale de la négociation. Prenant acte de l’existence de « deux épouvantails » pour les partenaires sociaux, « le bonus-malus côté employeurs et la dégressivité côté salariés », Jean-Michel Pottier, le représentant des PME a appelé à une négociation plus générale, susceptible de donner lieu à un compromis paritaire : « On peut peut-être travailler sur autre chose, comme faciliter le retour à l’emploi. Car si on veut diminuer le coût du régime d’assurance chômage, la meilleure façon est de faire baisser le chômage ». Une position de nature à convaincre la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC mais aussi FO et la CGT, de continuer à discuter. 

Le rappel à l’ordre de Macron

Souhaitant peut-être rappeler à tout ce petit monde que sa complexe « itinérance mémorielle » à travers les régions du Nord-Est et du Nord de la France ne l’avait pas mis à terre, le Président de la République a tenu à bien recadrer les débats. « Ce qu’on va mettre en place, c’est un système un peu de bonus-malus, c’est-à-dire que les entreprises qui favorisent l’emploi durable pour les gens et donc la stabilité auront des bonus. Les gens qui font trop de contrats courts auront des malus » a-t-il déclaré vendredi dans l’après-midi, à Lens. Autrement dit, Emmanuel Macron a clairement indiqué aux dirigeants des organisations patronales et salariales qu’il refusera un accord sur l’assurance chômage qui ne respecterait pas les objectifs politiques avancés par l’exécutif. Ce faisant, il mettait à mal les tentatives des partenaires sociaux de trouver des thèmes de négociations acceptés par tous autour de la table. 

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