L’UPA et l’UNAPL appellent El-Khomri à « revoir sa copie »

Cet article a été initialement publié sur le site de l’organisation patronale l’UPA

Au cours d’une conférence de presse commune les Présidents de l’UPA et le l’UNAPL, Jean-Pierre CROUZET et Michel CHASSANG, ont vivement critiqué l’attitude du Gouvernement à l’égard des TPE-PME.  

Le projet de loi EL KHOMRI aurait pu être un outil de modernisation du Code du travail, or c’est un instrument à la main des seuls représentants de la grande entreprise, au détriment des TPE-PME françaises qui irriguent notre territoire. L’UPA et l’UNAPL représentent 2,3 millions de ces entreprises. 

La confiscation du dialogue social 

Le projet de loi EL KHOMRI traduit un pacte entre le Gouvernement et le MEDEF auquel il confie les clés du dialogue social. 

L’UPA et l’UNAPL ont réaffirmé leur totale opposition à une mesure d’audience de la représentativité patronale assise sur le nombre de salariés des entreprises adhérentes, qui viserait à confisquer le dialogue social au profit d’une seule organisation : le MEDEF. Le Gouvernement revient sur la loi du 5 mars 2014 qui prévoit d’évaluer le poids des organisations professionnelles et interprofessionnelles sur la base du critère « une entreprise adhérente égale une voix », conforté par le Conseil Constitutionnel dans une QPC pourtant sollicitée par le MEDEF. Ainsi le Gouvernement s’assoit sur l’accord officiellement conclu en 2014 entre toutes les organisations patronales, pour favoriser l’accord conclu récemment en catimini entre la CGPME et le MEDEF en vue de garantir la suprématie à ce dernier. 

L’UPA et l’UNAPL dénoncent une confiscation du dialogue social au profit du MEDEF et préviennent qu’elles n’en resteront pas là. La bataille ne fait que commencer. Il n’y a aucun motif sérieux de réserver la véritable pluralité aux seuls syndicats représentatifs des salariés. 

En outre, un monde sépare les patrons du CAC 40, qui sont d’ailleurs des salariés, le plus souvent issus de la haute administration, de ceux des TPE-PME artisanales, commerciales et libérales. Ils ne sont pas fondés à s’exprimer pour ces derniers. 

Un projet de loi pour les DRH 

Le projet de loi EL KHOMRI est une déception pour les TPE-PME. Nombre des mesures qu’il avance ont été dimensionnées, là encore, pour les grandes entreprises. C’est une loi calibrée pour les DRH. Or les TPE-PME ne disposent pas de DRH ni de ressources internes leur permettant de gérer la complexité que génère des dispositifs comme les accords d’entreprises. L’UPA et l’UNAPL considèrent que l’accord de branche professionnelle constitue la bonne échelle pour leurs secteurs respectifs et qu’il est regrettable qu’il soit relégué au second plan. 

Sur le fond, l’UPA et l’UNAPL attendaient du projet de loi EL KHOMRI une véritable simplification du droit du travail et des mesures fortes en direction des TPE-PME. Leur colère est d’autant plus grande de n’y voir rien de tout cela, et à la place une marginalisation de leur secteur en confiant la représentativité patronale aux mains d’un unique acteur : le MEDEF. 

L’UPA et l’UNAPL demandent au gouvernement de revoir sa copie. Si tel n’était pas le cas, l’UPA et l’UNAPL demanderont aux parlementaires de modifier les dispositions relatives à la représentativité patronale telles que stipulées dans le projet de loi pour en rester à celles légitimes et justes de la loi du 5 mars 2014. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la DGAFP évoque le cas "Alan" dans la fonction publique

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #9 : catégories objectives agréées (et autres sujets CCN)

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et contrats responsables

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

You May Also Like

Une AG sous haute-tension chez Just

La Mutuelle Just organise son assemblée générale (AG) annuelle en fin d'après-midi dans un contexte extrêmement tendu. L'AG sera l'occasion de faire toute la transparence sur l'état réel des comptes de la mutuelle (notamment sa solvabilité qui, selon son ex-président, est critique) et sur la direction que peut prendre la mutuelle pour se sortir d'une...
Lire plus

Urgences : derrière les moyennes, la double peine du lieu et de l’âge

La Drees (service statistique des ministères sociaux) livre deux nouvelles études les urgences hospitalières à partir d'informations qui datent de 2023. Le constat est difficile car derrière la durée moyenne de passage — 3h10, contre 2h15 il y a dix ans — se dessinent deux inégalités : l'une concerne le service des urgences où l'on se présente, l'autre concerne l'âge du patient. Un état des lieux qui n'est pas sans conséquences pour les assureurs complémentaires. ...

Avis d’extension d’un avenant prévoyance à la CCN de l’industrie de salaison et charcutière en gros

Le ministre travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 3 juin 2026, les dispositions de l’avenant du 16 avril 2026 relatif au régime de prévoyance pour les salarié.e.s cadres relevant des articles 2.1 et 2.2 de l'ANI du 17 novembre 2017, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des industries de la salaison, charcuterie en gros et conserves de viandes du...