Les PSE génèrent plus souvent des licenciements économiques dans les TPE et PME

gestion

La Dares publie une étude dédiée aux plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) demandés et réalisés par les entreprises ces dernières années. Le bref panorama offert par le service statistique du ministère du travail est truffé d’informations intéressantes sur la réalité de ce dispositif.

gestion

L’étude détaille l’évolution des PSE entre 2014 et 2021 puis s’intéresse précisément à l’analyse des données récoltées sur les années 2018-2021. On réalise ainsi que tous les plans demandés ne se réalisent pas et que les conséquences de ces plans sociaux varient énormément en fonction de la taille des entreprises.

Les TPE et PME licencient beaucoup plus que les grandes entreprises lors de leurs PSE

Les données récoltées par la Dares montrent que sur l’ensemble des PSE recensés entre 2018 et 2021 un plan demande en moyenne 68 ruptures de contrats. Puis lorsque ce plan est mis en pratique, il n’aboutit en moyenne qu’à 61 ruptures (soit 90% du nombre de ruptures prévu) : 43 d’entre elles sont des licenciements économiques et 18 d’entre elles sont des départs volontaires. Les autres ruptures initialement envisagées se traduisent finalement par des mobilités et reclassements internes.

Mais la réalité est très différente selon la taille des entreprises qui passent par un tel plan social. Ainsi, plus une entreprise est grande, moins son plan social contiendra de licenciements économiques. Par exemple, les entreprises d’au moins 1 000 salariés n’ont traduit que 34% de leurs ruptures de contrats envisagées par des licenciements économiques. Une part importante (54%) des ruptures sont des départs volontaires et pas moins de 13% de projets de ruptures sont transformés en mobilités et reclassements internes.

A l’opposé, les TPE et PME ont beaucoup moins de possibilité de proposer de la mobilité ou du reclassement en interne. La voie du licenciement économique est donc privilégiée pour 89% des ruptures envisagées dans les entreprises de moins de 100 salariés. Ce taux diminue à 81% dans les entreprises de 100 à 149 salariés puis à 71% dans les entreprises de 150 à 499 salariés. En parallèle, les taux de départs volontaires et de mobilités et reclassements internes augmentent.

Un nombre de plans au plus bas depuis 2014 après un rebond lors de la crise sanitaire

Le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi validés n’était que de 299 en 2022 alors qu’il était à 750 en 2014 et 763 en 2015. Après une baisse jusqu’en 2018 (477 plans validés), le nombre est reparti à la hausse dès 2019 (507 plans validés) avant de se stabiliser en 2020 et 2021 entre 612 et 608 plans homologués. La baisse du nombre de plans sociaux en 2022 pourrait toutefois être trompeur car les entreprises commençaient à sortir la tête de l’eau et restaient sur une dynamique de relance, notamment grâce aux effets des aides de l’Etat. Il n’est pas dit que l’année 2023 qui vient de s’achever ne donne pas lieu à un fort rebond du nombre de PSE.

Retrouvez le focus complet de la Dares ci-après :

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #6 : les grandes actualités CCN santé-prévoyance de la rentrée 2026

You May Also Like

2 exonérations de ticket modérateur vont disparaître

Un décret tout juste publié au Journal officiel prévoit la fin de l'exonération du ticket modérateur (TM) sur deux prestations précises. Premièrement, les patients en affection de longue durée (ALD) vont devoir assumer de payer le ticket modérateur sur les médicaments à service médical rendu faible. Ceux-ci ne sont remboursés qu'à 15% BRSS par la sécurité sociale, le TM de 85% BRSS sera donc généralement remboursé par la complémentaire santé. ...

Avis d’extension d’un avenant dans la conchyliculture et les cultures marines

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 50 du 13 janvier 2026 relatif à la grille des salaires, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la conchyliculture et des cultures marines du 19 octobre 2000 (...

Avis d’extension d’un avenant prévoyance à un accord dans la conchyliculture et les cultures marines

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 49 du 13 janvier 2026 à l'accord du 22 septembre 2003 relatif au régime de prévoyance, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la conchyliculture et des cultures marines du 19 octobre 2000 (...

Arrêté d’extension d’un avenant chez le personnel navigant d’exécution des transports maritimes

Le ministre du travail et des solidarités et la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, ont étendu, par arrêté du 16 mars 2026, publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 4 relatif aux salaires minima, conclu dans la convention collective nationale des personnels navigants officiers des entreprises de transport et services maritimes du 19 novembre...

Avis d’extension d’un accord départemental (Loire) chez les OETAM du bâtiment 

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'accord départemental (Loire) du 15 janvier 2026 relatif aux idemnités de petits déplacements pour 2026, conclu dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises occupant jusqu’à dix et...