Le temps pendant lequel le salarié est autorisé à s’absenter est-il du temps de travail effectif ?

Par un arrêt du 23 mars 2016, la Cour de cassation a affirmé que le temps pendant lequel le salarié est autorisé à s’absenter au titre du mandat syndical n’est pas considéré comme du temps de travail effectif. 

 

Les Faits

La requérante a participé à des réunions en dehors de son horaire de travail, au titre d’un mandat syndical électif dont elle est titulaire, alors que ses mandats de représentation au sein de l’entreprise avaient pris fin. 

Elle estime que le temps consacré à ces réunions doit être considéré comme du temps de travail effectif. 

 

La cour d’appel reconnaît le temps de travail effectif

Dans une première décision du 7 février 2014, la Cour d’appel de Toulouse n’a pas tenu compte de la lecture combinée des articles L.3121-1 du code du travail et 8 de la convention collective de travail des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées du 15 mars 1966 et a jugé que le temps passé en dehors de l’horaire de travail pour la participation à des réunions syndicales est assimilé à du travail effectif rémunéré en heures supplémentaires ou récupéré dans des conditions fixées par l’employeur. 

 

La Cour de Cassation en revient aux dispositions légales

L’article L.3121-1 du code du travail vient préciser la notion de « travail effectif » ainsi : « La durée du travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et se conforme à ses directives sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles ». 

L’article 8 de la convention collective de travail des établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées, quant à lui, dispose que « des autorisations exceptionnelles d’absence pour exercice d’un mandat syndical électif pourront être accordées aux salariés dûment mandatés, à concurrence de dix jours ouvrables par an, qu’elles ne donneront pas lieu à réduction de salaire et ne viendront pas en déduction des congés annuels » 

Cependant cet article n’assimile en aucun cas le temps pendant lequel le salarié est autorisé à s’absenter à du temps de travail effectif moyennant rémunération. 

Par conséquent, en ne prenant en compte que partiellement les articles concernés, la Cour d’appel a jugé à tort le droit à rémunération. 

La Cour de cassation casse et annule le moyen unique, et par application de l’article 627 du code de procédure civile qui lui confère la possibilité de casser sans renvoyer l’affaire dans les cas et conditions prévues par l’article L. 411-3 du code de l’organisation judiciaire, ne renvoie pas les parties devant une Cour nouvellement formée. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

You May Also Like
Lire plus

La rédaction Tripalio vous donne rendez-vous le 24 août

L'équipe de rédaction de Tripalio vous souhaite un très bel été 2026 et vous donne rendez-vous le 24 août ! N'oubliez pas que le comparateur santé Triparator IA est ouvert gratuitement à tous nos visiteurs : rendez-vous ici pour l'essayer jusqu'au 31 août 2026 ! Et...

Retraite complémentaire et invalidité-décès des libéraux : les règlements de 9 sections professionnelles réécrits d’un bloc

Neuf arrêtés publiés au Journal officiel (JO) du 17 juillet 2026, approuvent les règlements des régimes d'assurance vieillesse complémentaire et d'assurance invalidité-décès (ainsi que, pour trois d'entre elles, des régimes de prestations complémentaires de vieillesse ou PCV) de neuf sections professionnelles de la Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales (CNAVPL). ...