Le masque doit-il être pris en charge par l’entreprise ?

Cette analyse provient du site du syndicat de salariés CFDT.

Le port du masque a été systématisé dans les entreprises depuis le 1er septembre 2020 par le protocole national pour assurer la santé et la sécurité des salariés en entreprise. Si le protocole reste abscons sur les obligations qui en découlent, le Code du travail pose un certain nombre de principes concernant la fourniture et l’entretien des masques.  

La prise en charge des masques par l’employeur

En matière de santé et de sécurité, les mesures prises par l’employeur « ne doivent entraîner aucune charge financière pour les travailleurs » (1). Cette obligation est maintenant reprise dans la FAQ qui accompagne le protocole sanitaire sur le site du ministère du Travail, pour rappeler que l’employeur a « l’obligation de prendre en charge la fourniture des moyens de protection adaptés aux risques », en l’occurrence des masques de protection. 

Il est néanmoins à noter que l’ensemble des masques ne soient pas qualifiés d’équipement de protection individuelle (EPI). Cette qualification est réservée par le ministère du Travail aux masques FFP1,2 ou 3 (QR masques du Ministère du travail). Cela peut s’expliquer par le fait que le masque chirurgical (et a fortiori le masque grand public) ne protège pas contre l’inhalation de très petites particules en suspension dans l’air. 

Un EPI suppose en effet de protéger contre un ou plusieurs risques susceptibles de menacer sa sécurité ou sa santé. Ne protégeant pas totalement les salariés des risques d’infection, le masque chirurgical pourrait-il se voir dénier la qualification d’EPI ? 

Cette qualification a ici un intérêt : celui de savoir si l’employeur peut remplir son obligation en se contentant de prendre en charge financièrement les coûts induits pour le salarié par l’achat des masques. Autrement dit, un employeur pourrait-il décider de verser une indemnité au salarié en lieu et place de la fourniture de masques ? 

Pour répondre à cette question sous un angle juridique, tout va dépendre, selon nous, de la qualification ou non d’EPI : dans l’affirmative la réglementation précise qu’ils sont « sont fournis gratuitement par l’employeur » (2). 

Quoi qu’il en soit, pour la CFDT, il est évident que l’obligation du port du masque ne doit générer aucun coût pour les travailleurs. 

· L’entretien des masques

L’employeur doit prendre en charge les masques, mais lorsqu’ils sont en tissu lavable, se pose également la question de leur entretien. 

Toujours selon le même principe posé par le Code du travail à l’article L.4122-2, l’entretien doit selon nous être assuré par l’employeur débiteur de l’obligation de sécurité. Le Code du travail précise même que « les équipements et moyens de protection […] sont maintenus en état de conformité avec les règles techniques de conception et de construction applicables lors de leur mise en service dans l’établissement, y compris au regard de la notice d’instruction » (3).  

Notons d’ailleurs que si l’ensemble des masques viennent à être qualifiés d’équipement de protection individuelle, alors l’employeur se doit d’assurer « leur maintien dans un état hygiénique satisfaisant par les entretiens, réparations et remplacements nécessaires » 

En tous les cas, aucun texte n’impose une modalité particulière d’entretien des masques. 

C’est pourquoi la FAQ de l’INRS rappelle utilement que l’entreprise peut prendre conseil auprès du médecin du travail et associer le CSE sur le dispositif de nettoyage à retenir. 

Il peut s’agir d’un entretien par une entreprise spécialisée, par l’entreprise elle-même ou encore directement par le salarié. Toutefois, l’INRS précise que cette dernière modalité n’est pas à privilégier « car elle fait peser sur le salarié le respect du protocole de nettoyage (efficacité, périodicité…) et peut faire craindre une hétérogénéité des pratiques de nettoyage ».  

 

(1) Art. L.4122-2 C.trav. 

(2) Art. R.4323-95 C.trav. 

(3) Art. R.4322-1 C.trav. 

 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #9 : catégories objectives agréées (et autres sujets CCN)

You May Also Like

Aréas Assurances poursuit son excellente trajectoire en 2025

Aréas Assurances présente des résultats spectaculaires pour l'année 2025. Les performances affichées sont impressionnantes avec un chiffre d'affaires et un résultat net qui dépassent toutes les attentes. Le groupe Aréas Assurances commence par afficher un chiffre d'affaires (CA) de 881,4 M€, soit 9,4% de plus qu'en 2024 (805,5...

Solimut Mutuelle poursuit son redressement

Solimut Mutuelle continue de sortir la tête de l'eau pour la 3e année consécutive. D'après les résultats de l'année 2025 que la mutuelle vient de publier, les efforts fournis depuis plusieurs années continuent de porter leurs fruits avec une activité qui reste positive. Tout n'est pas facile et Solimut Mutuelle affiche un chiffre d'affaires et un résultat net en retrait par rapport à 2024. Le chiffre d'affaires atterrit...

Avis d’extension d’un avenant de prévoyance dans les industries électriques et gazières IEG

Le ministre du travail et des solidarités et le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique envisagent d’étendre, par avis publié le 25 avril 2026, les dispositions de l’avenant conclu le 12 décembre 2025 relatif à la couverture de prévoyance complémentaire obligatoire pour les salariés statutaires des industries électriques et gazières, conclu dans le cadre de la convention...