La vraie fausse nouvelle d’un impôt sur les chèques-cadeaux d’entreprise

Les chèques-cadeaux seront-ils dorénavant soumis aux prélèvements sociaux? Depuis la semaine dernière et un fameux amendement en séance publique au projet de loi de financement de la sécurité sociale, une polémique sévit sur le sujet. Ce qui est présenté comme la création d’une nouvelle taxe n’est en fait que la traduction dans les textes d’une pratique de l’URSSAF.

Dans l’agacement créé par le ras-le-bol fiscal actuel, la polémique est apparue sans qu’on s’y attende vraiment. Le dernier jour de l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) en séance publique, les députés ont adopté un amendement sur l’assujettissement aux prélèvements sociaux des cadeaux et prestations en nature offerts aux salariés par les comités d’entreprise ou les employeurs dans les TPE. Ils pensaient rendre service aux entreprises en sanctuarisant ces cadeaux sous un plancher donné.  

Chèques-cadeaux: les nouvelles règles

Le dispositif adopté par les députés est très simple: les chèques-cadeaux donnés aux salariés ne pourront être soumis aux prélèvements sociaux au-dessous d’une franchise de 331 euros par an et par salarié, ou 662 euros si le salarié a au moins un enfant. Cette disposition sanctuarise les apports en nature, notamment pour Noël. En revanche, elle valide l’assujettissement de cadeaux plus importants, servant notamment aux départs en vacances. 

Dans la pratique, la mesure clarifie la situation des TPE qui offrent rarement des cadeaux supérieurs à ces sommes. Et elle clarifie aussi, mais « négativement », la situation des comités d’entreprise des grandes structures qui apportent parfois des cadeaux d’un montant élevé… 

Validation de la jurisprudence URSSAF en vigueur

Cet amendement est critiquable dans la mesure où il valide une pratique aujourd’hui désordonnée et sans fondement juridique, mais bien en vigueur… dans les URSSAF. Il est en effet de jurisprudence constante que l’URSSAF assujettisse des cadeaux considérés comme des rémunérations déguisées. On retrouvera notamment sur le site de celle-ci les premiers éléments sur la taxation des prestations en nature, appelées « prestations liées aux activités sociales et culturelles ». 

On peut reprocher aux députés de ne pas avoir innové en protégeant la totalité de ces prestations contre l’assujettissement. Mais, dans la pratique, le plancher de 330 euros au-dessous duquel la cotisation n’est pas prélevée ne paraît pas scandaleusement bas. Dénoncer la création d’un nouvel impôt est en tout cas très exagéré… 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #3 : les enjeux de la rentrée de septembre 2025

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #5 : l'actualité des CCN Syntec, chimie, sécurité sociale

You May Also Like

Clap de fin à venir pour les spécificités de la vente d’assurance à distance

Une ordonnance et un décret daté du 5 janvier 2026 sont parus au Journal officiel pour durcir l'encadrement de la vente d'assurance à distance. Ces nouveautés restrictives s'appliqueront majoritairement dès le 19 juin 2026 à l'exception de la fin du régime de la vente en deux temps en assurance qui prendra effet le 11 août 2026. Avec ces nouvelles mesures, il sera donc interdit de procéder à de la vente en deux temps par téléphone. Cette possibilité est aujourd'hui...

Klesia cherche des co-commissaires aux comptes

Comme en témoigne l'appel d'offres que le groupe paritaire de protection sociale a lancé juste après Noël, Klesia est à la recherche de commissaires aux comptes pour deux de ses entités : un co-commissaire aux comptes pour Klesia AGIRC-ARRCO et deux co-commissaires aux comptes pour la Carcept retraite. Le cahier des charges est à retirer à l'adresse suivante : achats@klesia.fr et les réponses doivent être formulées avant le 2 février 2026. Davantage d'informations : ...