La NAO de l’industrie pharmaceutique indigne les syndicats de salariés

Ce communiqué provient du site du syndicat de salariés CFE-CGC.

Le feuilleton des négociations annuelles obligatoires (NAO) continue dans la pharmacie. Au détriment des salariés et des citoyens, alertent les négociateurs CFE-CGC.

Il en faut beaucoup pour que tous les syndicats représentatifs quittent comme un seul homme une table de négociation. C’est pourtant ce qui s’est produit le 12 mai dernier lors d’une réunion de la branche industrie pharmaceutique. Et les élus de la CFE-CGC se frottent encore les yeux devant l’attitude du patronat.

Le rendez-vous était prévu dans le cadre d’une clause de revoyure inscrite dans l’accord de novembre 2021 sur les salaires minimas conventionnels de la branche. Les organisations syndicales avaient sollicité, dès le mois de janvier 2022, une revalorisation de l’ensemble des salaires minima de la grille conventionnelle.

DES PROPOSITIONS PATRONALES INDÉCENTES

Après trois mois d’attente et en dépit de la bonne santé financière du secteur, la chambre patronale s’est contentée d’une proposition technique temporaire, bien en deçà de l’inflation, qui plus est sans négociation possible. À savoir :

  • Un premier groupe de salariés (sur les 11 de la grille conventionnelle, soit 0,5 % des effectifs de la branche) se verrait accorder 2,6 % d’augmentation, représentant un alignement technique sur le SMIC.
     
  • Deux groupes suivants (soit 13 % des salariés de la branche) recevraient une prime temporaire de 20 euros brut par mois, représentant 1 à 1,2 % du salaire.

« Suite à cette proposition indécente de revalorisation des minimas conventionnels déjà en-dessous du cours de l’inflation, l’ensemble des organisations syndicales en séance ont quitté la table des non-négociations et rédigé un communiqué commun », indique François Reyrolle, le négociateur de la CFE-CGC.

L’industrie pharmaceutique s’enrichit sur le dos des pouvoirs publics en n’assurant pas ses obligations sociales

Les syndicats de la branche souhaitent alerter ainsi les pouvoirs publics. Ils sollicitent leur intervention pour rappeler aux entreprises du médicament leur responsabilité sociale et sociétale. « Ce secteur industriel, riche, doit être dénoncé pour ses comportements aussi peu respectueux de ses salariés que des citoyens français dans l’ensemble. Il s’enrichit sur le dos des pouvoirs publics en n’assurant pas ses obligations sociales, lesquelles ne risquent en aucun cas de mettre en péril les entreprises concernées », fustige François Reyrolle.

De son côté, Malik Gueye, président de la fédération Chimie CFE-CGC, tire la sonnette d’alarme socio-politique : « Si nous avons ce type de réponse dans toutes les branches, nous aurons du mal à empêcher les gilets jaunes de ressurgir… »

Autre élément qui frise peut-être l’intoxication : le représentant du LEEM (syndicat patronal de la pharmacie) n’a pas hésité à laisser entendre que le gouvernement envisageait de couper le gaz à des entreprises du médicament pour protéger de toutes coupures les foyers individuels.

« Fake news ou pas ? Il semble urgent d’interpeller le gouvernement sur ses intentions vis-à-vis de notre production de médicaments sur le territoire français, commente François Reyrolle, et de laisser le LEEM assumer ses déclarations, surtout si elles sont sans fondement, devant les partenaires sociaux… »

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