La France en panne de médecins

Le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom) a publié l‘Atlas 2015 de la démographie médicale. Ce document permet d’apprécier la répartition des professionnels de santé sur le territoire selon plusieurs critères. Le Cnom compte 198.365 médecins en activité, leur répartition sur le territoire varie grandement selon les spécialités. Les spécialités de la médecine généraliste, l’ophtalmologie, l’ORL, ou encore la médecine du travail illustrent les déséquilibres de la répartition des médecins en France. 

 

Des médecins de plus en plus âgés

La population est vieillissante, en 1990 l’âge médian était de 40 ans. Mais en 2015, les médecins généralistes ont en moyenne 54 ans pour les hommes et 49 ans pour les femmes. Les spécialistes sont plus nombreux à approcher l’âge de la retraite. En moyenne, ce sont les médecins de 60 ans et plus qui exercent, ils représentent 26,4% de la totalité des médecins ; ils sont 17,4% des effectifs à être âgé de moins de 40 ans. 

La majorité des spécialités médicales analysées font état d’un vieillissement inéluctable. Si les moyennes d’âge peuvent varier, les professions les plus jeunes ne descendent généralement pas sous la moyenne des 40 ans. Ceci est surtout dû à l’absence de renouvellement des professionnels de santé par l’arrivée jeunes générations. 

 

Très peu de remplacements, faute de jeunes médecins

La France fait face à une baisse continue du nombre de praticiens, notamment pour la médecine générale qui fait face à une diminution globale du nombre de ses représentants. En effet, le taux de renouvellement des médecins généralistes n’est que de 6,2% en France métropolitaine. A l’exception de quelques régions, le nombre de praticiens est en baisse : le sud de l’Aquitaine, l’est de la région Rhône-Alpes et une partie de la Bretagne sont les seuls espaces enregistrant une augmentation du nombre de généralistes. 

Dans la majorité des spécialités, le taux de remplacements des professionnels est faible : il n’est que de 3,2% pour l’ophtalmologie et de 1,7% pour les médecins ORL. 

La médecine du travail est aussi durement affectée avec un taux de remplacement très bas à 0,8%, de plus de nombreuses régions ont un taux à 0% (Franche-Comté, Corse, Champagne-Ardennes, Poitou-Charente, Picardie,…). 

Ces données confirment que les professions médicales sont vieillissantes mais surtout, que la situation de désertification médicale dans certaines zones risque de s’aggraver : les professionnels qui partiront à la retraites dans les 20 prochaines années ne seront, pour la plupart, pas remplacés. 

 

Des répartitions inégales sur le territoire

Les professionnels sont répartis de manière très inégale à travers le pays. Au niveau de la répartition des professionnels de la médecine générale, la densité de praticiens est la plus forte dans le sud de la France. L’Ile-de-France enregistre une faible densité et peut parfois être assimilée à un désert médical. La région PACA et une partie de l’Aquitaine présentent en revanche une forte densité de médecins généralistes. 

En ophtalmologie, la population praticienne a tendance à baisser dans la majorité des régions, notamment dans le Centre. Suivant le même schéma, les médecins ORL spécialistes sont eux aussi en déséquilibre. Ils sont presque absents en Champagne-Ardenne et en Auvergne. Leur nombre diminue de manière générale, à l’exception du Nord-Pas-de-Calais et de la Corse. 

Il ressort donc de cette étude que la répartition des professionnels est variable et en déséquilibre selon les régions françaises. 

Plusieurs régions tentent de promouvoir l’attractivité de leurs communes auprès des jeunes professionnels de santé mais, au regard de la démographie globale, cela risque de ne pas être suffisant. 

 

 

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