La discrimination au travail fondée sur le sexe condamnée par la Cour d’Appel de Paris

Cet article a été initialement publié sur le site du syndicat CFTC

 

Halte à la discrimination de sexe ! 

Les phénomènes de ségrégation professionnelle toujours à l’œuvre seront fortement sanctionnés. C’est le message qu’envoie la Cour d’appel de Paris en condamnant un reclassement professionnel fondé sur une discrimination de sexe. 

L’affaire commence en 1990 : à la suite de l’automatisation du passage à niveau dont elle avait la responsabilité, une ancienne garde-barrière décide de postuler à d’autres postes disponibles en interne. Elle se porte candidate à ceux de cariste (conducteur de chariot de manutention), de pontier (manœuvre et déplacement de pont mobile) et de gestionnaire de stocks. 

Ces postes lui sont refusés, puis sont attribués à des hommes, reclassés dans les mêmes conditions qu’elle. Elle est alors affectée à un poste de femme de ménage, inférieur à sa qualification et qui ne figure pas dans le « dictionnaire des filières » de l’entreprise (soit la grille de classification). Ce qui la prive, de fait, de toute possibilité d’évolution professionnelle. 

La Cour fait deux constats¹. Le premier, c’est que l’entreprise ne fournit aucune explication quant au choix qui a été fait pour cette salariée, pas plus qu’elle ne motive les refus qui lui ont été opposés sur les autres postes. Le second, c’est que le poste de femme de ménage n’a pas été proposé aux agents de sexe masculin. 

L’ancienne garde-barrière se voit donc reconnue victime de discrimination fondée sur le sexe² et perçoit à ce titre des dommages et intérêts. Une affaire qui illustre pleinement combien les stéréotypes sur les activités et métiers dévolus respectivement aux femmes et aux hommes ont la vie dure ! 

Les métiers techniques ont d’emblée été réservés aux hommes, tandis que les tâches ménagères ont été confiées à une femme… Jusqu’au lexique des métiers, qui reflète toujours cet enfermement dans des rôles sociaux déterminés ! 

  1. Cour d’appel de Paris, 4 juin 2015, n° 14/00255.
  2. Article L. 1132-1 du Code du travail et, sur la définition de la discrimination, article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 (« Constitue une discrimination directe la situation dans laquelle […] une personne est traitée de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a été ou ne l’aura été dans une situation comparable »).
Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #9 : catégories objectives agréées (et autres sujets CCN)

Lancer la vidéo

Gel des tarifs santé en 2026 : Stéphanie Rist répond à Charles de Courson

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et contrats responsables

You May Also Like

Pierre Ricordeau assure la présidence par intérim du HCFIPS

Le Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFIPS) est orphelin de son président depuis la mort de Dominique Libault au début du mois d'août 2026. Un arrêté ministériel vient de nommer Pierre Ricordeau à la vice-présidence du HCFIPS avec pour mission d'assurer la présidence par...

Avis d’extension d’un avenant à l’accord collectif départemental des exploitations et entreprises agricoles du Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 32 du 7 mai 2025 relatif à la la revalorisation des salaires minimaux et la mise à jour des grilles de rémunérations territoriales applicables aux salariés des exploitations et entreprises agricoles du département du Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant complémentaire frais de santé et prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 5 du 3 juillet 2026 à l'accord départemental instituant une assurance complémentaire frais de santé et un régime de prévoyance pour les salariés agricoles non cadres des Bouches-du-Rhône ...

Avis d’extension d’un avenant dans la production agricole et CUMA de Nouvelle-Aquitaine

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 1 du 23 juin 2026 à un accord collectif concernant l'instauration d'une cotisation patronale destinée à financer un fonds mutualiste dans le cadre de l'inaptitude professionnelle du salarié dans les branches production agricole-coopératives d'utilisation de...

Avis d’extension d’un accord interdépartemental sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture

La ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’accord interdépartemental Allier, Cantal, Haute-Loire, Lozère, Puy-de-Dôme du 10 juin 2026 sur une protection sociale frais de santé complémentaire en agriculture IDCC...

Avis d’extension d’un avenant à une annexe à la CCN des détaillants fabricants en confiserie

Le ministre du travail et des solidarités, envisage d’étendre, par avis publié le 25 septembre 2026, les dispositions de l’avenant n° 44 du 5 juin 2026 à l'annexe III relatif aux salaires, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des détaillants et détaillants-fabricants de la confiserie, chocolaterie, biscuiterie (IDCC...