BI&T rappelait en début de semaine que le congrès de la CGT Transports, l’une des fédérations « poids lourds » de la CGT, tenait son congrès à Saint-Malo. Ce congrès aura finalement donné plus de fil à retordre que prévu à l’état-major de Philippe Martinez et devrait déboucher sur la mise à l’écart définitive de Jérôme Vérité, secrétaire de la fédération.
On se souvient qu’une candidature dissidente à la sienne s’était déclarée: celle de Mehdi Kemoune, numéro 2 de la CGT d’Air France. Celle-ci constituait un double emblème. D’une part, elle montrait le malaise existant au sein d’une section d’entreprise où la CGT a fortement reculé, après des soupçons de collusion pesant sur sa direction (collusion dénoncée par Mehdi Kemoune). D’autre part, Mehdi Kemoune s’attaque à lui seul à un tabou de la CGT: la représentation des populations issues de l’immigration dans les instances du syndicat.
Après la coup de théâtre survenu dans la fédération de la santé, où la compagne de Philippe Martinez a été écartée au profit d’une candidature « libre », le conflit qui s’est ouvert dans les Transports constitue donc un facteur d’inquiétude supplémentaire pour le nouveau secrétaire général. Manifestement, la CGT n’est plus aussi facilement contrôlable qu’elle ne le fut et le fauteuil de Philippe Martinez est moins stable qu’il ne pouvait le croire.