La CFDT s’inscrit en faveur d’une transition énergétique plus rapide

Cet article a été initialement publié sur le site du syndicat de salariés CFDT.

Dérèglement climatique, pollution atmosphérique, espaces animales menacées… Il y a urgence à agir et à accélérer les transitions. 

Philippe Portier, secrétaire national chargé du développement durable, est signataire au nom de la CFDT d’une tribune publiée sur le site Des Echos le 10 juillet 2018.  

Respirer un air libéré des gaz d’échappement, se chauffer sans se ruiner, vivre dans des territoires redynamisés et créer de nouvelles coopérations entre les villes et les campagnes, engager nos entreprises, petites et grandes dans des activités d’avenir, avoir accès à une énergie sûre, produite plus localement, indépendante des conflits géopolitiques, améliorer la transparence et le « pouvoir d’agir » des citoyens, voilà autant d’enjeux auxquels la transition énergétique va contribuer. 

Déjà, les initiatives se multiplient dans les régions, les villes et les territoires ruraux qui s’engagent vers le 100 % énergies renouvelables. Nous, acteurs locaux, entreprises, coopératives, citoyens, agriculteurs, collectivités construisons ensemble les solutions de demain que ce soit par la rénovation performante des logements, le développement des mobilités alternatives ou la production d’énergies renouvelables locales, respectueuses de l’environnement et créatrices d’emplois. 

 

Cette transformation se heurte encore trop souvent à des résistances 

Cette vision d’avenir d’une France saisissant toutes les opportunités de développement des énergies renouvelables et des économies d’énergie se construit par une multituded’actions locales. Elle devrait être renforcée grâce au cap donné au niveau national par la loi sur la transition énergétique et à l’ambition portée au plus haut niveau de l’Etat d’être parmi les leaders sur les enjeux climatiques et énergétiques à l’échelle européenne et internationale. Mais cette transformation se heurte encore trop souvent à des résistances, intérêts établis ou à des fatalismes qui prétendent qu’il est impossible de changer le système. Il faut donc qu’un choix clair soit fait par le gouvernement et traduise l’élan des forces vives de notre démocratie : citoyens, élus, entreprises, syndicats, associations qui s’engagent vraiment en faveur de la transition énergétique. 

 

Des principes forts 

Alors que les effets du réchauffement climatique et de Une nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est en construction et va définir les évolutions de notre système énergétique jusqu’à 2028, conformément aux objectifs de la loi sur la transition énergétique de 2015. C’est donc le moment de décider concrètement la mise en oeuvre de la transition énergétique et ses modalités, en se fondant sur des principes forts : 

Améliorer le confort et alléger le budget des ménages par la massification de la rénovation performante des logements ; les mesures et aides financières doivent être massifiées, simplifiées et mieux fléchées, en particulier pour les plus précaires. 

Encourager les économies de consommation d’électricité qui réduiront également les factures d’énergie en facilitant l’accès aux équipements les plus performants ; 

Réduire la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre en donnant la priorité aux modes de transports propres (vélo, transports en commun, train, covoiturage…) et en accélérant le déploiement des véhicules électriques et bio-GNV ; 

Faire le choix clair des énergies renouvelables qui sont de plus en plus compétitives et créatrices d’emplois et se donner les moyens de dépasser les 32 % d’énergies renouvelables en 2030 ; 

Sortir des énergies fossiles en accompagnant les transitions professionnelles dans les bassins d’emplois concernés ; 

Planifier précisément la baisse de la production électrique nucléaire, conformément aux objectifs de la Loi de Transition Energétique, pour permettre le développement d’un système énergétique décentralisé reposant sur des ressources locales durables, en anticipant les mutations pour les acteurs et territoires concernés. 

Ce n’est qu’à ces conditions que la France façonnera un nouveau paysage de l’énergie, plus solidaire, respectueux de l’environnement, résistant aux crises et créateur d’activités et d’emplois au coeur des territoires. Ensemble, nous appelons le gouvernement à accélérer la transition énergétique et à s’engager dans l’avenir en traduisant ces principes dans la future PPE. Et nous invitons tous les citoyens et les acteurs intéressés à participer à ce débat en y portant une vision positive et ambitieuse de la transition énergétique.  

 

Premierssignataires :Célia Blauel, maire adjointe de Paris, Pauline Mispoulet, PDG duGesec,Olivier Perot, présidentde France énergie éolienne,Philippe Portier, secrétairenational de la CFDT,Philippe Quirion, estprésident du Réseau action climat. 

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