La CFDT retrouve sa place de premier soutien syndical au gouvernement

Cet été, Jean-Claude Mailly a caressé l’espoir de supplanter Laurent Berger dans le rôle de premier de classe. Il a multiplié les positions favorables aux ordonnances et joué les bons élèves pour éviter un conflit ouvert comme ce fut le cas un an avant avec la loi El-Khomri.  

Un temps, on s’est interrogé sur la réussite de cette manoeuvre à contre-pied. Si la base de FO est loin d’être unanimement gauchiste, elle n’en reste pas moins contestataire. La fondre dans le moule réformiste en si peu de temps était un pari d’autant plus osé que certains n’ont pas hésité à soupçonner Mailly de conduire une aventure personnelle.  

Puis, la base a donné de la voix, et Mailly a dû se résoudre à rejoindre le clan des contestataires. C’était un peu son offensive des Ardennes à lui. Après quelques succès rapides, les fondamentaux n’ont pas suivi et il a dû revenir sur ses positions initiales.  

Comment la CFDT a fait capoter l’intersyndicale

Mardi, les organisations syndicales se retrouvaient pour discuter d’une manifestation commune contre les ordonnances. Beaucoup se sont agités en coulisses pour obtenir des « réformistes », reçus au préalable par Muriel Pénicaud, un ralliement en bonne et due forme. Selon nos informations, la CGC a notamment envoyé à la CFDT un texte de compromis sur lequel son président comptait pour attendrir Laurent Berger. 

En séance, le discussion ne s’est pas passée comme certains l’espéraient. La CFDT, la CFTC et l’UNSA ont en effet fait front commun en faveur d’un texte soulignant les avancées obtenues à l’occasion des ordonnances. Il n’en fallait pas plus pour dynamiter la réunion.  

Pendant ce temps, la CGT et FO avaient déjà acté l’appel à manifester pour le 16 novembre… 

Quelles contreparties pour les réformistes?

Le sujet d’angoisse pour les entrepreneurs est évidemment de savoir quelles contreparties la CFDT obtiendra en échange de ce soutien actif au gouvernement. Les premières discussions sur la « loi entreprises » en donnent un avant-goût. Tout laisse à penser que le gouvernement accordera de fortes concessions sur l’intéressement et la participation des salariés.  

À ce stade, les organisations patronales se montrent peu réactives. Elles ont bien tort, surtout dans l’univers des PME, où la CFDT risquent de réclamer des droits nouveaux bien au-delà de ce qu’une participation naturelle des salariés à la vie de l’entreprise justifie.  

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