A l’hôpital, le mal-être au travail dépasse la moyenne nationale

La direction de la recherche, de l’évaluation, des études et des statistiques (Drees) vient de diffuser une étude sur la santé mentale des personnes qui exercent à l’hôpital. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le personnel hospitalier ressent un mal-être accru par rapport au reste de la population. L’étude a été réalisée à l’été 2021 (rappelons que la crise sanitaire était encore d’actualité) et met en lumière des symptômes de dépression et d’anxiété plus fréquent chez les professionnels hospitaliers.

L’étude du service statistique du ministère de la santé repose sur une enquête réalisée par l’Inserm. Cette enquête appelée EpiCov a inclut des salariés hospitaliers de tous horizons : hôpital public, établissement médico-social, clinique privée et tout autre établissement de santé. On constate que les conditions de travail compliquées à l’hôpital couplées à une forte féminisation de l’emploi hospitalier impactent directement les risques sur la santé mentale.

Travailler à l’hôpital accroît les risques de dépression et d’anxiété

Les résultats de l’enquête tels qu’ils sont exposés par la Drees montrent que le personnel hospitalier a davantage besoin de soutien psychologique de la part d’un professionnel pour faire face au travail quotidien. Au total, 26% des salariés de l’hôpital expriment ce besoin alors que l’ensemble des salariés (toutes activités confondues) ne sont « que » 19% à l’exprimer. Bien que les symptômes les plus fréquents dans ce cadre soient des symptômes de dépression ou d’anxiété légère à modérée, ils impactent directement le quotidien des travailleurs.

Les salariés des hôpitaux qui présentent un mal-être au travail sont ainsi plus nombreux que la moyenne des salariés français à présenter des symptômes comme de la fatigue, des difficultés à dormir, un appétit déréglé ou encore une opinion dégradée de soi. La Drees souligne que le fait que les femmes représentent 78% du personnel hospitalier (contre 48% de l’ensemble des personnes en emploi) n’est pas étranger à cela. En effet, l’étude rappelle que les métiers occupés principalement par des femmes exposent, statistiquement, davantage aux risques psychosociaux alors que ceux qui sont occupés principalement par des hommes exposent, eux, davantage aux risques physiques. A cela s’ajoute le fait que les tâches domestiques pèsent généralement plus sur les femmes que sur les hommes, ce qui ajoute à la charge mentale.

A la question du genre s’ajoute celle des conditions de travail. Ces conditions qui sont déjà compliquées à l’hôpital ont été très impactées avec la crise sanitaire. Les personnes qui travaillent à l’hôpital sont ainsi plus nombreuses que l’ensemble des salariés à exprimer des difficultés à concilier vie personnelle et professionnelle. Elles sont également plus nombreuses à subir des surcharges inhabituelles de travail. Elles sont aussi plus fréquemment amenées à renoncer ou repousser un congé maladie pour travailler. Tous ces facteurs sont, selon la Drees, de nature à accroître le mal-être des professionnels concernés. Certains organismes (mutualistes notamment) qui gèrent des établissements hospitaliers auraient tout intérêt à se pencher sur l’intégralité de l’étude disponible ci-après :

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