Franchises médicales, congé parental, médecins étrangers : les chantiers prévus par Emmanuel Macron

Le Président Macron donnait hier sa conférence de presse censée fixer le cap de la suite de son second quinquennat. Alors que la liste des ministres délégués est toujours attendue et que le nouveau gouvernement peine à commencer à gouverner, le chef de l’Etat annonce une série d’axes de travail qui concernent notamment le secteur sanitaire et social. Certains projets sont bien connus depuis plusieurs mois mais d’autres sont plus surprenants.

La hausse des franchises sur les médicaments est toujours prévue

Nos lecteurs se souviennent que l’augmentation des franchises médicales sur les boîtes de médicament et sur les consultations chez le médecin était évoquée dès l’été 2023. Le projet du doublement des franchises était même confirmé en octobre par le ministre de la santé d’alors, Aurélien Rousseau. La mesure était prête à être lancée, le gouvernement semblait simplement attendre le moment opportun, sachant très bien qu’une telle hausse serait peu populaire. D’après les annonces d’Emmanuel Macron, seules les franchises sur les médicaments seraient concernées pour le moment (la franchise passerait donc de 0,50 € à 1 €) avec un plafond annuel de 50 € pour les patients atteints d’affection de longue durée (ALD). La pilule serait ainsi plus facile à faire passer. Le gouvernement se garderait donc la possibilité de doubler, plus tard, les franchises médicales des consultations de médecins.

Un congé parental largement réduit

En parallèle, une réforme du congé parental (qui débute immédiatement après le congé de maternité ou d’adoption) est prévue. Actuellement, le congé parental peut durer 1 an et être renouvelé 2 fois : soit 3 ans au maximum (sauf en cas de naissance de 3 enfants ou plus, auquel cas la durée maximale est portée à 5 ans). Emmanuel Macron utilise un langage volontairement martial (« réarmement démographique ») pour présenter son projet de réforme. Il estime que ce congé parental est trop long et pas assez bien rémunéré, ce qui causerait la baisse de la natalité en France. Sa solution : réduire la durée maximale du congé parental à 6 mois maximum en contrepartie d’une meilleure rémunération. Ce projet permettrait, selon les éléments de langage du Président, de favoriser la prise du congé parental par les deux parents simultanément, d’une part, et de permettre aux mères (qui sont souvent celles qui prennent le congé parental) de retourner plus rapidement au travail.

La loi immigration au secours des déserts médicaux

Une autre annonce concerne le secteur sanitaire : celle de la régularisation des médecins étrangers. Cette annonce résonne particulièrement avec la loi immigration sur laquelle le Conseil constitutionnel se prononcera le 25 janvier prochain. Emmanuel Macron espère remédier à la désertification médicale en facilitant la régularisation des médecins étrangers installés en France. On imagine que ce projet (qui n’apportera qu’une réponse limitée à l’insuffisance de professionnels de santé) est fortement lié au sort de la loi immigration.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
1 comment
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Deleted video

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #6 : focus sur l'avenant santé n° 9 de la CCN Syntec

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

You May Also Like

Un nouveau président pour la MGAS

La Mutuelle générale des affaires sociales (MGAS) vient de changer de président assez brusquement. Alors que la mutuelle est l'un des organismes retenus pour assurer la protection sociale complémentaire des ministères sociaux (santé obligatoire et prévoyance facultative) depuis le 1er janvier 2026, son président Michel...

Mon soutien psy : la sélection des professionnels est reprécisée

Un décret paru au Journal officiel ce jour revient sur les modalités de sélection des psychologues intégrés au dispositif "Mon soutien psy" ainsi que sur le statut des experts psychologues impliqués dans le processus de sélection. Tout d'abord l'autorité compétente pour sélectionner les psychologues n'est plus la "ministre en charge de la santé" mais le "médecin conseil national auprès du directeur général de la caisse nationale de l'assurance...