Une étude officielle passée plutôt inaperçue vient de déconstruire l’argumentaire central de la réforme du RAC0 censée mettre fin au renoncement aux soins. L’argument d’un renoncement principalement basé sur les difficultés financières est mis à mal par la Drees. Non seulement le renoncement est loin de n’avoir qu’une origine financière, mais aussi les solutions qui existent déjà ne sont pas assez utilisées.
Dans la partie de son étude dédiée au renoncement aux soins, la Drees reconnaît d’emblée que les nombreux facteurs de renoncement, autres que financiers, ne sont pas encore suffisamment compris et intégrés dans les statistiques. Surtout, on comprend bien vite que les données disponibles sur le renoncement pour raisons financières sont les plus fournies, laissant de côté la plupart des autres facteurs pourtant très importants comme l’accessibilité des professionnels de santé. La promesse du RAC0 de mettre fin au renoncement aux soins (promesse martelée 7 fois dans cette communication du ministère de la santé) est donc biaisée car la seule raison financière ne suffit pas, loin de là, à expliquer le phénomène.