L’EIOPA clarifie ses exigences en matière d’IA en assurance

L’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (AEAPP ou EIOPA en anglais) a diffusé, en plein cœur de l’été, un avis sur la gouvernance de l’intelligence artificielle (IA) et la gestion des risques. Cet avis vise à clarifier les grands principes et les exigences qui devraient imprégner la législation nationale s’agissant du recours à l’IA dans le secteur de l’assurance.

Dans son avis paru le 6 août dernier (reproduit intégralement en fin d’article) l’EIOPA insiste bien sur le caractère pédagogique du document. Il ne s’agit pas là de la création de nouvelles exigences ou obligations. L’objectif est seulement de rendre les choses plus claires et de donner quelques orientations afin d’aider les autorités nationales dans leurs travaux. L’Autorité européenne annonce qu’elle passera au crible les modalités de surveillance des autorités nationales en 2027. Elle vérifiera alors si l’avis aura permis d’uniformiser les pratiques de surveillance d’un Etat membre à l’autre.

Le document rappelle ainsi qu’en vertu de l’application du principe de gouvernance issu de la directive sur la distribution d’assurances (DDA) les professionnels doivent évaluer les risques des systèmes d’intelligence artificielle qu’ils utilisent. La profondeur de l’évaluation dépend évidemment de l’impact de l’IA sur l’entreprise et ses clients (plus l’impact potentiel est grand, plus l’évaluation doit être approfondie). Cette évaluation des risques implique également la portée prudentielle de l’utilisation de l’IA par les organismes d’assurance selon l’Autorité européenne.

Une fois l’analyse d’impact réalisée, l’EIOPA explique que les entreprises devraient en tirer les conséquences. Cela passe par la mise en œuvre des mesures pour garantir une utilisation de l’IA compatible avec les exigences légales et réglementaires (notamment une adaptation de la gouvernance et de la gestion des risques liés à l’IA). A ce titre l’Autorité européenne donne des précisions sur la façon dont les acteurs de l’assurance peuvent s’adapter.

L’Autorité européenne dédie aussi une partie de ses travaux à l’éthique dans l’utilisation de l’IA en assurance. Le document précise que l’intérêt des clients doit toujours être au centre des objectifs liés à l’usage de l’IA. Par ailleurs, chaque client devrait être traité équitablement et l’IA ne doit pas conduire à des discriminations.

L’un des autres aspects importants de l’avis de l’EIOPA concerne la nécessaire surveillance humaine de l’IA dans les processus d’assurance. Ce contrôle interne doit être clairement mis en place avec une chaîne détaillée des rôles et responsabilités de chacun.

Enfin, difficile d’échapper à la question de la cybersécurité alors que pas un mois ne se passe sans qu’un piratage de données personnelles gérées par une entreprise française ne soit rendu publique. L’EIOPA insiste sur l’obligation pour les assureurs de garantir la sécurité, l’intégrité et la confidentialité des informations qu’ils traitent. Dès lors, l’utilisation de l’IA doit s’inscrire dans le cadre de ces exigences.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmark Close
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #11 : 4 jurisprudences "CCN" à connaître

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

You May Also Like

Un accord sur le complément de rémunération en cas de maternité dans la CCN des centres de lutte contre le cancer CLCC

Un avenant n°2026-12 paru au BOCC porte sur le complément de rémunération en cas de congé maternité dans la CCN des centres de lutte contre le cancer CLCC du 1er janvier 1999 (IDCC 2046) Il a été signé le 9 juillet 2026 par la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer et les syndicats de salariés CFDT, CGT-FO, CFE-CGC, CGT et UNSA. ...

Les centres de lutte contre le cancer CLCC s’accordent sur les absences pour charges de famille

Un avenant n°2026-11 paru au BOCC porte sur le fractionnement des absences liées aux charges de famille dans la CCN des centres de lutte contre le cancer CLCC du 1er janvier 1999 (IDCC 2046) Il a été signé le 9 juillet 2026 par la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer et les syndicats de salariés CFDT, CGT-FO, CFE-CGC, CGT et UNSA. ...

Un accord sur la qualité de vie et des conditions de travail dans la CCN des centres de lutte contre le cancer CLCC

Un avenant n°2026-10 paru au BOCC porte sur la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) dans la CCN des centres de lutte contre le cancer CLCC du 1er janvier 1999 (IDCC 2046) Il a été signé le 9 juillet 2026 par la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer et les syndicats de salariés CFDT, CGT-FO, CFE-CGC et UNSA. ...