Dos-à-dos, des partenaires sociaux inopérants

partenaires sociaux

Alors que l’exécutif n’apparaît pas vraiment en pleine possession de ses moyens au moment, crucial, de la préparation des budgets 2026, les partenaires sociaux pourraient avoir une belle carte à jouer pour reprendre la main sur l’agenda social du pays.

Dos-à-dos, les partenaires sociaux ne semblent hélas pas en mesure de développer une politique sociale autonome.

Une invitation prometteuse du MEDEF aux partenaires sociaux

La rentrée de septembre avait, certes, permis de nourrir quelque espoir en la matière. Le 11 septembre dernier, en effet, le président du MEDEF, Patrick Martin, a fait parvenir aux autres partenaires sociaux un courrier les invitant à venir discuter de sujets sociaux importants pour l’avenir du pays. Il a notamment proposé d’engager des débats, a priori ambitieux, « sur le financement de notre modèle social, l’évolution du modèle productif et [la] conciliation de la croissance avec les grandes transitions en cours : numérique, environnementale et démographique ».

Justifiant sa démarche, Patrick Martin a invoqué la légitimité des partenaires sociaux, dans une période chahutée, à proposer de manière autonome, vis-à-vis de l’Etat, des solutions pour le pays. « Particulièrement dans le contexte politique, économique et social actuel, je suis convaincu que l’agenda social autonome a plus que jamais sa place » a-t-il affirmé.

Des syndicats tournés vers la mobilisation de rue

Si certains syndicats ont probablement accueilli positivement cette invitation, on ne peut pourtant pas dire qu’elle a suscité des réactions publiques marquantes du côté de la représentation salariale. Il faut dire que, depuis la reprise de septembre, pour les syndicats, l’heure est à la mobilisation générale afin d’obtenir du nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, qu’il revoit sensiblement la copie budgétaire élaborée par son prédécesseur François Bayrou, notamment s’agissant du projet de loi de financement de la Sécurité sociale.

Après une journée de mobilisation intersyndicale plutôt réussie le 18 septembre dernier, les dirigeants des principales confédérations salariales du pays ont été reçus par le Premier ministre au début de cette semaine. Ayant, au cours de cette réunion, estimé, qu’il n’avait pas écouté les Français, ils ont appelé à une nouvelle journée d’action pour le 2 octobre prochain. Guère preneur d’un conflit social dur, Sébastien Lecornu les a d’ailleurs immédiatement invités à une autre réunion.

Le patronat tourné vers la mobilisation de salle

N’ignorant pas que la mobilisation sociale pourrait, par ricochet, se traduire par des sollicitations fiscales et sociales des entreprises et des entrepreneurs – puisqu’il faudra bien que l’Etat réussisse à boucler ses budgets – le patronat français a, dès lors, lui aussi, décidé de faire entendre sa voix afin d’éviter une telle issue. Ayant, il y a quelques jours, lancé l’idée de l’organisation d’un grand « meeting » destiné à faire entendre la voix des entrepreneurs dans le débat public, Patrick Martin a confirmé qu’il aurait bien lieu, le 13 octobre en l’occurrence.

Faisant référence aux débats en cours sur l’opportunité d’une taxation du patrimoine des Français les plus riches, le président du MEDEF a appelé à leur remise à plat : « Il paraît nécessaire de rééquilibrer et d’apporter de la rationalité à un débat préempté par certains et qui sature les ondes ». Il reste à savoir si son initiative va rencontrer un franc succès au sein du patronat français et va, par conséquent, permettre à ce dernier de peser dans le cadre de l’élaboration des prochains budgets.

Quoi qu’il en soit, on ne peut que constater qu’occupés, chacun de leur côté, à tenter d’obtenir gain de cause auprès du gouvernement, les partenaires sociaux n’apparaissent pas être en mesure, à un moment où le pays en aurait pourtant besoin, de dérouler un agenda social autonome, et potentiellement original.

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