Dans quel cas peut-on rompre un contrat d’apprentissage ?

Cette publication provient du site du syndicat de salariés CFDT.

Bientôt la fin de la période scolaire : vous souhaitez peut-être rompre votre contrat d’apprentissage, mais est-ce possible ? 

Un contrat d’apprentissage (1)  est un contrat conclu entre un employeur et un apprenti dans le cadre de sa formation initiale. Il prend en principe fin à son terme. Il peut  toutefois être rompu de manière anticipée par le salarié, l’employeur et l’administration, mais à certaines conditions, que voici ! 

Quelles conditions pour rompre le contrat d’apprentissage ?

Pour tous les contrats conclus à compter du 1er janvier 2019, les conditions de rupture ont été assouplies. L’article L.6222-18 du Code du travail prévoit dorénavant que :

durant les 45 premiers jours (consécutifs ou non) de formation pratique en entreprise, l’employeur, comme le salarié, peut mettre fin au contrat sans avoir à se justifier, ni même à respecter un délai de préavis.

A noter que durant cette période, similaire à une période d’essai, aucune indemnité n’est due à l’apprenti sauf stipulation contraire dans le contrat (2).

Au-delà de ces 45 premiers jours de formation, la rupture anticipée du contrat n’est possible que dans certains cas prévus par le Code du travail.

  • Elle peut résulter d’un commun accord entre l’employeur et l’apprenti.  Attention : le consentement doit bien évidemment être éclairé !
  • L’employeur peut également mettre fin au contrat unilatéralement : en cas de force majeure, en cas de faute grave de l’apprenti ou de son inaptitude à exercer son métier (3).  L’employeur doit alors respecter la procédure de licenciement pour motif personnel ou disciplinaire (en cas de faute grave). De la même manière, l’exclusion définitive d’un apprenti du CFA en charge de sa formation constitue une cause réelle et sérieuse de licenciement.
  • Le décès de l’employeur, qui est maître d’apprentissage dans une entreprise unipersonnelle, met fin au contrat.
  • Enfin, en cas de liquidation judiciaire d’une entreprise sans poursuite d’activité, le contrat d’apprentissage peut être rompu par le liquidateur.

A noter que la rupture anticipée du contrat d’apprentissage (avant ou après les 45 premiers jours) doit faire l’objet d’un document écrit, dans les conditions des articles L.6222-18 à L.6222-19 du Code du travail. Elle doit être notifiée au directeur du centre d’apprentis ainsi qu’à l’organisme chargé du dépôt du contrat (4).

De son côté, et depuis 2019, l’apprenti est autorisé à démissionner. Pour cela, il doit préalablement saisir le médiateur de l’apprentissage (c’est la personne qui va examiner le désaccord et rechercher des solutions) et suivre la procédure prévue à cet effet, notamment en respectant un préavis (5).

L’apprenti qui obtient son diplôme avant le terme fixé initialement peut également demander une rupture anticipée de son contrat d’apprentissage, à condition d’en informer par écrit son employeur 1 mois à l’avance.

L’administration peut elle aussi, et après enquête, décider de la suspension ou de la rupture du contrat d’apprentissage lorsque l’employeur manque à ses obligations ou que l’apprenti est mis en danger. 

Et après la rupture du contrat d’apprentissage ?

En cas de rupture du contrat d’apprentissage dans les conditions prévues par la loi, le CFA est tenu de permettre à l’apprenti de continuer à suivre sa formation théorique pendant 6 mois et de l’aider à trouver un nouvel employeur.

Pendant cette période, il bénéficie du statut de stagiaire de la formation professionnelle (6).

(1) Il s’agit d’une « période d’apprentissage » lorsque le contrat est conclu dans le cadre d’un CDI.

(2) Art. L.6222-21 C.trav.

(3) Art. L.4624-4 C.trav.

(4) Art. R.6222-21 C.trav.

(5) Art. L.6222-39 C.trav et L.6222-18 pour les mineurs.

(6) Art. L.6222-18-2 C.trav.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #6 : les grandes actualités CCN santé-prévoyance de la rentrée 2026

Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

You May Also Like

2 exonérations de ticket modérateur vont disparaître

Un décret tout juste publié au Journal officiel prévoit la fin de l'exonération du ticket modérateur (TM) sur deux prestations précises. Premièrement, les patients en affection de longue durée (ALD) vont devoir assumer de payer le ticket modérateur sur les médicaments à service médical rendu faible. Ceux-ci ne sont remboursés qu'à 15% BRSS par la sécurité sociale, le TM de 85% BRSS sera donc généralement remboursé par la complémentaire santé. ...

Avis d’extension d’un avenant dans la conchyliculture et les cultures marines

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 50 du 13 janvier 2026 relatif à la grille des salaires, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la conchyliculture et des cultures marines du 19 octobre 2000 (...

Avis d’extension d’un avenant prévoyance à un accord dans la conchyliculture et les cultures marines

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 49 du 13 janvier 2026 à l'accord du 22 septembre 2003 relatif au régime de prévoyance, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la conchyliculture et des cultures marines du 19 octobre 2000 (...

Arrêté d’extension d’un avenant chez le personnel navigant d’exécution des transports maritimes

Le ministre du travail et des solidarités et la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, ont étendu, par arrêté du 16 mars 2026, publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 4 relatif aux salaires minima, conclu dans la convention collective nationale des personnels navigants officiers des entreprises de transport et services maritimes du 19 novembre...

Avis d’extension d’un accord départemental (Loire) chez les OETAM du bâtiment 

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'accord départemental (Loire) du 15 janvier 2026 relatif aux idemnités de petits déplacements pour 2026, conclu dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises occupant jusqu’à dix et...