Crédit Mutuel Arkéa échappe à des poursuites de l’AMF en payant 150 000 €

L’Autorité des marchés financiers (AMF) vient de publier l’accord conclu fin mai 2021 avec le Crédit Mutuel Arkéa (CMA). Ce protocole (reproduit en fin d’article) permet à CMA de ne pas faire l’objet d’une procédure conduisant à une reconnaissance de culpabilité et/ou une sanction.

En échange du règlement de 150 000 € au Trésor Public et d’engagements fermes d’adapter ses procédures internes, Crédit Mutuel Arkéa peut poursuivre son activité sans être inquiété.

Crédit Mutuel Arkéa accusé de défaut de conseil auprès de ses clients investisseurs

Le protocole d’accord conclu entre l’AMF et CMA est l’aboutissement d’investigation menées en 2019. Dans ce cadre, l’AMF a détecté des transactions effectuées en 2017 et 2018 qui laissent apparaître un défaut de conseil. Il arrive que le questionnaire dédié aux instruments financiers complexes ne soit pas rempli par le client, ce qui entraine un manque de connaissance du client par CMA. Certaines transactions recommandées par CMA montrent aussi que l’horizon de placement dépasse ce que souhaite le client. D’autres portent aussi sur des investissements d’une part de patrimoine financier supérieure à ce que veut le client. Enfin, le risque réel des placements est parfois plus élevé que la tolérance exprimée par le client dans son questionnaire contrat.

A partir de ces constatations, l’AMF a notifié à CMA un grief le 25 janvier 2021. L’assureur a immédiatement accepté le principe d’un protocole d’accord (appelé composition administrative) pour éviter toute reconnaissance de culpabilité.

Dans l’accord publié par l’AMF, Crédit Mutuel Arkéa signale que son processus interne a évolué avec l’application, dès le 3 janvier 2018, de la Directive sur les Marchés d’Instruments Financiers (MIF) du 15 mai 2014. Autrement dit, CMA n’a pas attendu les retours de l’AMF pour renforcer son devoir de conseil. Effectivement, la formation des conseillers de l’assureur a été renforcée, les questionnaires permettant de mieux connaître les clients ont été adaptés.

Le protocole prévoit en conclusion que CMA devra justifier par écrit, dans les 6 mois après homologation, de la bonne mise en œuvre de ses engagements. L’AMF veut notamment s’assurer que les nouvelles procédures internes à Crédit Mutuel Arkéa permettent de mieux profiler les clients.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Nicolas Desormiere (MH) : la garantie aidants, nouvelle corde de la prévoyance CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #4 : zoom sur les dernières grandes actus CCN santé/prévoyance

You May Also Like

Une AG sous haute-tension chez Just

La Mutuelle Just organise son assemblée générale (AG) annuelle en fin d'après-midi dans un contexte extrêmement tendu. L'AG sera l'occasion de faire toute la transparence sur l'état réel des comptes de la mutuelle (notamment sa solvabilité qui, selon son ex-président, est critique) et sur la direction que peut prendre la mutuelle pour se sortir d'une...

Résultats : Lourmel trébuche un peu en 2025

Après une année 2024 déjà relativement compliquée (mais qui a permis de dégager un résultat net positif malgré tout), l'année 2025 du groupe Lourmel n'a pas été plus simple. D'après le rapport SFCR mis en ligne par le groupe (visible en fin d'article), les principales activités de Lourmel sont encore soumises à des tensions importantes. L'institution de prévoyance Carpilig/P et la Mutuelle générale interprofessionnelle (MGI) sont en première ligne de ces...
Lire plus

Urgences : derrière les moyennes, la double peine du lieu et de l’âge

La Drees (service statistique des ministères sociaux) livre deux nouvelles études les urgences hospitalières à partir d'informations qui datent de 2023. Le constat est difficile car derrière la durée moyenne de passage — 3h10, contre 2h15 il y a dix ans — se dessinent deux inégalités : l'une concerne le service des urgences où l'on se présente, l'autre concerne l'âge du patient. Un état des lieux qui n'est pas sans conséquences pour les assureurs complémentaires. ...