Assurance dépendance : l’ACPR revient sur les améliorations demandées aux professionnels

services à la personne

L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) publie les enseignements de ses contrôles réalisés auprès de professionnels de l’assurance dépendance. L’Autorité a épluché sur 3 ans une quinzaine de contrats d’assurance dépendance qui représentent près de 60% du marché. Elle demande aux assureurs plusieurs améliorations destinées à favoriser les assurés.

La question de la dépendance est cruciale avec un nombre croissant de personnes à aider du fait du vieillissement de la population. L’Insee anticipe d’ailleurs 4 millions de personnes en perte d’autonomie d’ici 2050 en France. L’ACPR fait donc le point sur la place de l’assurance dépendance privée dans la prise en charge de la perte d’autonomie. Elle propose d’abord un panorama rapide des contrats examinés. L’âge moyen de souscription d’un tel contrat est de 56 ans tandis que le bénéfice des garanties démarre en moyenne à 76 ans avec une durée de versement moyenne de 2 ans (du fait de l’état de santé déjà dégradé des assurés).

Pour une indemnisation plus rapide de la dépendance

L’ACPR regrette que les contrats aient souvent un délai de carence systématique qui ont pour effet de retarder l’effet des garanties. De fait, lorsque la situation de dépendance survient pendant le délai de carence, le contrat est résilié et les cotisations versées sont remboursées. Par ailleurs, une franchise de 90 jours semble s’imposer systématiquement avant le début du versement des prestations, le temps pour l’assureur de reconnaître l’état de dépendance. L’ACPR demande donc aux professionnels de l’assurance dépendance d’activer le versement des prestations de dépendance dès la date d’entrée en dépendance de l’assuré. L’Autorité rappelle aux assureurs que plusieurs éléments permettent de fixer objectivement la date précise d’entrée de l’assuré en situation de dépendance.

Pour une meilleure information en assurance dépendance

L’ACPR demande aussi aux assureurs de mieux informer leurs assurés alors que le devoir d’information et de conseil s’impose à tous les professionnels. Ainsi, la note de l’Autorité indique qu’aucune question sur les ressources et les besoins des assurés en matière de dépendance n’est posée lors de la souscription. Dans ce cadre, difficile de savoir si le contrat dépendance répond vraiment aux besoins des assurés.

Par ailleurs, le document dénonce l’imprécision des situations de dépendance couvertes par les contrats. En effet, le barème des actes de la vie quotidienne (AVQ) permettant d’évaluer la situation de dépendance sont parfois mal expliqués dans les contrats. Les assurés ne savent donc pas vraiment à quel moment leur contrat pourra être activé. L’ACPR déplore aussi le fait qu’il n’y ait pas de norme qui définisse les critères permettant la prise en charge, ou non, de la dépendance. Ainsi, chaque contrat définit ses propres critères, ce qui rend la comparaison et la compréhension des garanties proposées d’un assureur à l’autre extrêmement difficile, si ce n’est impossible.

Pour l’instant, ces axes d’amélioration identifiés par l’ACPR sont seulement suggérés. On peut s’attendre à ce que des mesures plus coercitives soient prises à l’avenir si les assureurs ne s’organisent pas pour répondre aux attentes officielles.

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

PSC au sein des GIP : David Amiel répond à Nadège Havet

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #1 : Les accords santé face aux fusions de CCN

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #3 : les CCN face à l'assurance obsèques de l'enfant de -12 ans

You May Also Like

2 exonérations de ticket modérateur vont disparaître

Un décret tout juste publié au Journal officiel prévoit la fin de l'exonération du ticket modérateur (TM) sur deux prestations précises. Premièrement, les patients en affection de longue durée (ALD) vont devoir assumer de payer le ticket modérateur sur les médicaments à service médical rendu faible. Ceux-ci ne sont remboursés qu'à 15% BRSS par la sécurité sociale, le TM de 85% BRSS sera donc généralement remboursé par la complémentaire santé. ...

Avis d’extension d’un avenant dans la conchyliculture et les cultures marines

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 50 du 13 janvier 2026 relatif à la grille des salaires, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la conchyliculture et des cultures marines du 19 octobre 2000 (...

Avis d’extension d’un avenant prévoyance à un accord dans la conchyliculture et les cultures marines

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 49 du 13 janvier 2026 à l'accord du 22 septembre 2003 relatif au régime de prévoyance, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la conchyliculture et des cultures marines du 19 octobre 2000 (...

Arrêté d’extension d’un avenant chez le personnel navigant d’exécution des transports maritimes

Le ministre du travail et des solidarités et la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, ont étendu, par arrêté du 16 mars 2026, publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 4 relatif aux salaires minima, conclu dans la convention collective nationale des personnels navigants officiers des entreprises de transport et services maritimes du 19 novembre...

Avis d’extension d’un accord départemental (Loire) chez les OETAM du bâtiment 

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'accord départemental (Loire) du 15 janvier 2026 relatif aux idemnités de petits déplacements pour 2026, conclu dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises occupant jusqu’à dix et...