Levothyrox : plutôt que connaître ses effets, ne faudrait-il pas connaître ce médicament ?

Cet article est paru sur le site du syndicat de salariés FO

 

L’un des principaux enseignements à tirer du nouveau rebondissement dans l’affaire du Lévothyrox n’est pas tant sa composition que la difficulté à la connaître.  

Depuis plus d’un an, le Lévothyrox, médicament concernant des problèmes thyroïdiens, donne lieu à une affaire qui ne cesse de rebondir dans les médias, d’autant que les grands laboratoires pharmaceutiques n’ont pas spécialement bonne presse. Depuis la commercialisation, en mars 2017, de sa nouvelle formule, dite NF, certains malades ont ressenti de tels effets secondaires (fatigue, maux de tête, insomnie, vertiges, chute de cheveux, douleurs articulaires et musculaires) que des procédures ont été lancées en justice et des perquisitions effectuées. Après la découverte, le mois dernier, de nanoparticules dans la nouvelle formule, démentie par le fabricant, le dernier rebondissement concerne une analyse également commandée par l’AFMT, Association française des malades de la thyroïde, qui, pour échapper à d’éventuelles pressions en France, s’est adressée à un laboratoire étranger, situé aux États-Unis et certifié par la FDA, l’autorité sanitaire américaine. 

Le prix à payer pour la science

L’AFMT a affirmé, le 14 juin, que, selon cette nouvelle étude, la teneur en lévothyroxine, seul composant hormonalement utile du médicament, est gravement inférieure aux spécifications en vigueur, et qu’était présente une autre substance, pouvant correspondre à de la dextrothyroxine. Le laboratoire Merck, fabricant du Lévothyrox, a immédiatement contesté cette information, qualifiée d’infondée scientifiquement. Jusqu’à preuve du contraire ? Problème : une étude complémentaire serait nécessaire pour confirmer ou infirmer la présence de cette dextrothyroxine, mais l’AFMT n’en a plus réellement les moyens après avoir fait mener à ses frais deux autres expertises. Elle a appelé les autorités sanitaires à intervenir. Une autre association de malades de la thyroïde, « Vivre sans thyroïde », a été déboutée en justice quand elle a demandé à ce que Merck fournisse des documents. Le jugement renvoie aux analyses de l’ANSM, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, contre qui ont pourtant été avancés, en mars dernier, des soupçons de conflit d’intérêts avec Merck. 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : Stéphanie Rist défend le principe de la taxe Ocam

Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #7 : prévoyance Syntec et duo de jurisprudences

You May Also Like

Avis d’extension d’un avenant dans la conchyliculture et les cultures marines

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 50 du 13 janvier 2026 relatif à la grille des salaires, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la conchyliculture et des cultures marines du 19 octobre 2000 (...

Avis d’extension d’un avenant prévoyance à un accord dans la conchyliculture et les cultures marines

La ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 49 du 13 janvier 2026 à l'accord du 22 septembre 2003 relatif au régime de prévoyance, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la conchyliculture et des cultures marines du 19 octobre 2000 (...

Arrêté d’extension d’un avenant chez le personnel navigant d’exécution des transports maritimes

Le ministre du travail et des solidarités et la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature, ont étendu, par arrêté du 16 mars 2026, publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 4 relatif aux salaires minima, conclu dans la convention collective nationale des personnels navigants officiers des entreprises de transport et services maritimes du 19 novembre...

Avis d’extension d’un accord départemental (Loire) chez les OETAM du bâtiment 

Le ministre du travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'accord départemental (Loire) du 15 janvier 2026 relatif aux idemnités de petits déplacements pour 2026, conclu dans le cadre des conventions collectives nationales des ouvriers employés par les entreprises du bâtiment visées et non visées par le décret du 1er mars 1962 (c’est-à-dire entreprises occupant jusqu’à dix et...

Arrêté d’extension d’un accord dans les industries de la salaison

Le ministre du travail et des solidarités, a étendu par arrêté du 14 avril 2026, publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'accord du 16 janvier 2026 relatif aux salaires minimaux conventionnels à compter du 1er février 2026, conclu dans le cadre de la convention collective nationale des industries de la salaison, charcuterie en gros et conserves de viandes du 29 mars 1972 (...

Arrêté d’extension d’un avenant dans la CCN de la production des eaux embouteillées

Le ministre du travail et des solidarités, a étendu, par arrêté du 10 avril 2026, publié le 17 avril 2026, les dispositions de l'avenant n° 46 du 3 février 2026 relatif aux salaires minima conventionnels à compter du 1er février 2026 conclu dans le cadre de la convention collective nationale des activités de production des eaux embouteillées et boissons rafraîchissantes sans alcool et de bière (...