Réforme du code de travail : la CFE-CGC commente la feuille de route du gouvernement

Cet article provient du site du syndicat CFE-CGC.

Le gouvernement a transmis aux partenaires sociaux son programme pour réformer le Code du travail par ordonnances d’ici « à la fin de l’été ». Plafonnement des indemnités prud’homales, fusion des instances représentatives et négociation d’entreprise sont notamment au menu d’une concertation durant laquelle la CFE-CGC fera entendre sa voix au service des salariés de l’encadrement. Le contenu et le calendrier de la réforme du travail, promesse électorale d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle, prennent forme. Le Premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre du Travail, Murielle Pénicaud, ont dévoilé le 6 juin dernier la feuille de route gouvernementale sur la rénovation du droit du travail qui doit déboucher sur la publication d’ordonnances d’ici « à la fin de l’été ». Concrètement, l’exécutif tablerait sur un projet de loi d’habilitation examiné en conseil des ministres le 28 juin puis des ordonnances envoyées au Conseil d’État fin août avant leur adoption au 20 septembre. « La rénovation de notre modèle social ne pourra se faire qu’en étroite concertation avec les organisations syndicales et patronales. La méthode suivie sera celle de la concertation et de la négociation, en garantissant une égalité de disponibilité et de dialogue pour chaque partenaire », indique le programme de travail transmis aux partenaires sociaux. Cette indispensable phase de concertation prévoit pas moins de 48 réunions entre le 9 juin et le 21 juillet, puis une nouvelle série de concertations d’août à début septembre.  

  • François Hommeril : « Penser que le chômage est dû au Code du travail est un pur fantasme »

« Aujourd’hui, le sujet n’est pas d’être rassuré ou d’être inquiet par rapport à cette feuille de route, déclare François Hommeril, président de la CFE-CGC. Par rapport à ce que le Premier ministre s’était engagé à faire quand on l’a rencontré le 24 mai dernier, ce qui est proposé est assez conforme. Mais l’essentiel demeure ce qu’il y aura dans le texte final. On ne peut pas faire le constat avant l’accident. Il y désormais un calendrier avec beaucoup de rencontres, un dispositif propice à ce que, au travers des échanges, les préoccupations de chacun soient respectées, les propositions soient entendues. C’est au résultat qu’on devra juger. » La CFE-CGC a par ailleurs rappelé combien ce sont bel et bien la compétitivité des entreprises, les compétences des salariés et les investissements qui créent le dynamisme nécessaire à créer des emplois. « Penser que le chômage en France est dû au code du travail est un pur fantasme », soulignait récemment François Hommeril dans les colonnes des Echos.  

  • Trois grands thèmes au centre des débats

A partir du 9 juin, les discussions porteront sur trois thèmes : la nouvelle articulation de l’accord d’entreprise et de l’accord de branche ; la simplification et le renforcement du dialogue économique et social et de ses acteurs ; la sécurisation des relations de travail. Autant de larges champs couvrant divers sujets dont le barème des indemnités prud’homales, le référendum d’entreprise ou encore la fusion des instances représentatives du personnel (IRP). Farouchement opposée au plafonnement des indemnités prud’homales, la CFE-CGC fait savoir que ce dispositif est à la fois inefficace et inacceptable. S’agissant de la fusion des IRP, François Hommeril plaide en faveur « d’une réflexion à mener sur l’évolution des instances et, peut-être, la création d’une instance nouvelle mieux adaptée aux enjeux économiques du XXIe siècle. » Si on prend le sujet sous l’angle de la simple fusion pour simplification, alors on le prend sous le mauvais angle, ajoute le président confédéral. On ne peut pas faire une quasi-révolution conceptuelle sur les instances de représentation du personnel en ayant pour seul objectif de réduire le nombre de réunions ! »Enfin, sur la négociation d’entreprise, la CFE-CGC considère qu’avant toute chose, il faut impérativement mettre à l’abri le dialogue social et ses acteurs du rapport de force économique qui s’exerce aujourd’hui sur les entreprises. « Ce n’est pas à la relation « donneur d’ordres – sous-traitant » dans la chaîne économique de production de la valeur de guider la norme sociale dans l’entreprise », justifie François Hommeril. 

  • Assurance chômage, formation, apprentissage et retraites à suivre

Par ailleurs, le gouvernement a d’ores et déjà fait savoir que dès septembre prochain, une deuxième séquence sera consacrée à la sécurisation des parcours professionnels pour prévenir et lutter contre le chômage (apprentissage, assurance chômage, formation professionnelle), avec l’examen au Parlement d’un projet de loi dédié au printemps 2018. Un troisième temps sera ensuite dédié, courant 2018, à la rénovation du système de retraites.  

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

Webinaire Tripalio #1 : Les accords santé face aux fusions de CCN

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #7 : PSC, Alan et agréments de catégories objectives

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par la ministre Amélie de Montchalin

Lancer la vidéo

Le pouls des CCN #4 : zoom sur le médico-social non lucratif

You May Also Like

L’EIOPA lance une consultation pour améliorer la collecte de données en assurance et retraite

L'Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (AEAPP, ou EIOPA en anglais) lancent une consultation dédiée à la façon d'améliorer la collecte de données pour les secteurs européens de l'assurance et des retraites. Cette consultation est lancée dans le cadre d'une réflexion pour identifier et réduire les éventuelles incohérences réglementaires tout en y apportant des solutions. L'objectif principal est de réduire la charge qui pèse que les...

Nominations au conseil d’administration de l’IRCANTEC

Le conseil d'administration de l'Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l'Etat et des collectivités publiques (IRCANTEC) accueille de nouveaux membres par arrêté ministériel. La première nomination permet à Ludovic Lerat de devenir représentant titulaire UNSA à la place de Frédéric Tisler. La seconde nomination permet à Yann Couedic (chef du service des retraites de l'éducation nationale,...

RATP : le taux définitif de cotisation retraite pour 2025 est fixé

Un arrêté publié dernièrement au Journal officiel (JO) fixe le montant définitif de la cotisation du régime spécial de retraite à la charge de la Régie autonome des transports parisiens (RATP). Cet arrêté fixe ainsi le taux de l'année 2025 à 19,13%. Si l'on parle de taux définitif c'est en raison de l'existence d'un taux...

Avis d’extension d’un avenant à une annexe chez les particuliers employeurs et emploi à domicile

Le ministre travail et des solidarités envisage d’étendre, par avis publié le 14 mars 2026, les dispositions de l'avenant n° 10 du 5 février 2026 à l'annexe 6 relatif aux salaires minima conventionnels applicables aux salariés, conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la branche du secteur des salariés du particulier employeur et de l’emploi à domicile (...