+7% de crédits pour les syndicats de 2015 à 2016

8 millions d’euros. C’est ce qu’ont touché en plus en 2016 les syndicats et organisations patronales par rapport à 2015. Au total, les partenaires sociaux ont reçu une enveloppe de 123 millions d’euros.  

Le fonds de financement pour le dialogue social a vu le jour en 2015, de même que l’association qui le régit. Ainsi, ce fonds paritaire est chargé d’une mission de service public en finançant les missions des organisations syndicales de salariés et les organisations patronales. Elles se divisent en trois catégories : la conception et gestion des politiques paritaires, la participation des partenaires sociaux aux politiques publiques et la formation syndicale des salariés. 

Ainsi, chaque entreprise verse une contribution de 0,016% sur la masse salariale pour un total de 90,3 millions d’euros, en plus de la contribution fixe de l’Etat de 32,5 millions d’euros.  

Les syndicats se taillent la part du lion

Lorsque l’on analyse le tableau de crédits accordé par organisation, on observe que c’est la CGT qui ressort grande gagnante avec 18,8 millions d’euros touchés. Pas étonnant pour la principale organisation syndicale qui multiplie les actionsen tout genre malgré une réussite limitée. Derrière, on retrouve la CFDT avec 18,6 millions d’euros puis FO avec un peu moins de 15 millions d’euros. En ce qui concerne les syndicats non-représentatifs, l’Unsa a touché 3 millions d’euros quand Solidaires en percevait 2,6.  

Du côté patronal, c’est le Medef qui truste la première place avec 12,2 millions d’euros. Suivent la CPME avec 6,2 millions et l’U2P avec 2,3 millions d’euros.  

La récession après la hausse ?

Seulement, à l’heure où le gouvernement fait les fonds de poches et de tiroirs, cette hausse importante de finances ne devrait pas subsister. D’une part, les règles de redistribution vont changer en 2018 puisqu’elles prendront en compte l’audience de représentativité. Thierry Bettencourt, vice-président de l’association, craint l’arrivée de « 100 attributaires de plus en 2018 donc forcément des mécontents puisqu’on va verser moins. » 

Mais ce n’est pas la seule crainte puisque la gouvernance voit aussi arriver une révision conséquente de l’enveloppe disponible faite par le ministère du Travail. Au lieu d’une cotisation des entreprises de 0,016%, elle pourrait passer à 0,015% soit 84,7 millions d’euros. De même, Jean-Claude Volot, président de l’association, exprime sa volonté de conserver la subvention de l’Etat « pour ne pas faire payer aux entreprises le dialogue social. » 

Enfin, l’AGFPN s’oppose au projet de sixième ordonnance du gouvernement envoyé aux partenaires sociaux le 30 novembre dernier, permettant aux employeurs de réclamer des crédits à l’association pour payer les rémunérations des salariés participants aux négociations. Thierry Bettencourt parle d’une mesure « trop compliquée à mettre en place, d’une usine à gaz. » 

Les discussions restent ouvertes mais chaque parti sera dans l’obligation de revoir ses positions si un accord doit être trouvé. A moins que l’exécutif n’use de l’argument des économies pour faire disparaître l’AGFPN… 

Ajouter aux articles favoris
Please login to bookmarkClose
0 Shares:
Découvrez nos analyses et capsules vidéos
Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la FNIM parle du poids des normes prudentielles sur les mutuelles

Lancer la vidéo

PLFSS 2026 : rejet du socle solidaire et responsable par Thibault Bazin

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : la Direction Générale du Trésor parle transfert de charges et contrats responsables

Lancer la vidéo

MECSS 2026 : le HCAAM parle Grande Sécu et prévoyance

You May Also Like

Matmut verse une prime carburant à ses salariés

Ce communiqué a été diffusé par le groupe Matmut. Dans un contexte marqué par une forte incertitude géopolitique et une hausse des coûts du quotidien, notamment des dépenses de mobilité, le Groupe Matmut a souhaité apporter un soutien concret à ses collaborateurs. De juin à novembre 2026 chaque collaborateur recevra une prime de 25€ bruts par mois, sauf en cas de bénéfice d’un véhicule de fonction avec carte...
Lire plus

Une sénatrice s’inquiète du déremboursement des prescriptions issues du secteur 3

Une mesure prévue par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 prévoit que les prescriptions réalisées par les professionnels de santé du secteur 3 ne seront plus remboursés par l'assurance maladie à partir du 1er janvier 2027. Ce déremboursement, situé à l'article 76 de la loi, fait craindre à une sénatrice une rupture d'égalité entre les patients qui auront accès à un médecin...
Lire plus

L’ACPR salue la robustesse de l’assurance dans son rapport annuel

L'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) a publié son rapport annuel le 21 mai 2026. Lors de la conférence de presse, les propos de la secrétaire générale Emmanuelle Assouan et du vice-président Jean-Paul Faugère ont particulièrement attiré l'attention. Emmanuelle Assouan a tenu à saluer la solidité des organismes d'assurance dans une période assez instable : "La solvabilité du secteur de l’assurance est également très robuste, les ratios...

Agrica triple presque son résultat net combiné en 2025

Le groupe de protection sociale Agrica vient de publier ses bons résultats annuels de 2025 (communiqué en fin d'article) avec une croissance impressionnante de son résultat net. Ce résultat net combiné est passé de 8 M€ en 2023 à 12 M€ en 2024 puis 34 M€ en 2025. Une performance qui s'explique, selon Agrica, par de meilleures plus-values latentes (168 M€) et une provision pour participation aux excédents de 341 M€ sur le PER euro de CCPMA Retraite...

L’OPCO EP a un nouveau commissaire du Gouvernement

L'opérateur de compétences des entreprises de proximité (OPCO EP) vient de connaître un changement de commissaire du Gouvernement. Un arrêté paru au Journal officiel (JO) précise ainsi que Marie Wepierre qui occupait cette fonction est remplacée par Manon Bergeron. L'arrêté de nomination est disponible par ici. ...