Unédic et surtaxation des contrats très courts : le Medef botte en touche

Il y a deux semaines, nous faisions état de la volonté d’ouverture affichée par le Medef, dans le cadre de la « négociation » sur l’avenir de l’assurance chômage, au sujet de la surtaxation des contrats courts. Il a présenté, hier, ses propositions concrètes aux représentants des salariés. Le moins que l’on puisse dire est qu’ils n’en sont pas du tout satisfaits. 

Vivent les branches !

Alors que les négociateurs de l’assurance chômage doivent se retrouver le 7 mars prochain, le Medef a donc formulé ses souhaits. L’article 2, relatif aux contrats courts, retient notamment l’attention générale. Il évoque une « incitation sectorielle » à moins recourir aux CDD de moins d’un mois. 

Afin de mettre en place cette « incitation », le Medef estime d’abord nécessaire d’élaborer d’un « indicateur objectif, robuste et pérenne » sur le taux d’utilisation des contrats très courts dans les différents secteurs d’activité. Ensuite seulement, le Medef appellerait les professions « qui s’écarteront à la hausse, et de manière sensible, de l’indicateur moyen », à engager « des négociations en vue de déterminer les raisons du recours aux contrats très courts ». Rien d’immédiat, donc, dans tout ceci. Et, surtout, rien d’impératif, ce qui est tout à fait logique dans la mesure où le Medef n’est guère en mesure d’imposer quoi que ce soit aux organisations professionnelles. 

Certains noteront qu’après avoir vivement soutenu le principe de l’inversion de la hiérarchie des normes, au détriment de l’échelon de la branche, les dirigeants du Medef s’aperçoivent soudainement de son intérêt. Force est de reconnaître que la solution défendue par les représentants patronaux présente notamment l’avantage, de leur point de vue, de s’engager à bien peu de frais sur des contreparties au durcissement de l’indemnisation du chômage. 

Refus syndical général

La proposition du Medef étant décidément audacieuse, personne ne s’étonnera des réactions qu’elle a suscitées du côté des représentants des salariés. C’est la CGT, par la voix de Denis Gravouil, qui a tapé le plus fort. « C’est une véritable agression contre les droits des privés d’emploi, particulièrement les plus de 50 ans et les deux millions de travailleurs en activité réduite », s’est-il exprimé pour Reuters. Effectuant un diagnostic plutôt réaliste de la situation, il a estimé que « la question des contrats courts est renvoyée à la Saint-Glinglin ». 

Moins virulente, la CFDT n’en a pas moins jugé « inacceptable en l’état » le protocole d’accord transmis par le Medef, estimant qu’il ne contenait en réalité « rien de significatif sur les contrats courts ». Venant du partenaire syndical privilégié du Medef, notamment concernant la gestion de l’Unédic, ces propos ont un poids certain… 

Dans ce concert de réactions négatives, FO en viendrait presque à passer pour modérée. D’après l’AFP, Michel Beaugas, son négociateur, « s’est également dit déçu par la proposition du Medef ». 

En somme, personne n’est d’accord avec le Medef et le mot de la fin est alors pour Denis Gravouil : « Aucun syndicat ne peut accepter de discuter sur une base aussi violente, surtout pour une négociation de moins d’un mois. » 

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