Emmanuel Macron a plaidé hier pour un statu quo des tarifs des complémentaires santé lors d’une réunion qui regroupait le gratin de la profession et des familles. Politiquement, les assureurs complémentaires peineront à finasser devant le président de la République, tant l’opinion est travaillée au corps depuis de nombreux mois par les partisans du « tout Sécu » qui accusent les complémentaires de se gorger de privilèges et de frais de gestion exorbitants. La profession paie sa stratégie d’influence tournée vers le risque long et peu intéressée par le risque court.
Après un tir de préparation d’Agnès Buzyn, Emmanuel Macron a mené la bataille au sol, au corps-à-corps avec les assureurs complémentaires à qui il a demandé de ne pas pratiquer de hausse de tarifs en 2019. Dans un contexte de gilets jaunes prêts à sortir de l’ombre, la position des assureurs est évidemment sous contrainte: difficile d’opposer une fin de non-recevoir à une demande aussi appuyée. Il n’en reste pas moins que la situation va être compliquée à gérer…